IVG : Quelque 76 parlementaires demandent l’adoption de l’allongement du délai légal

TRIBUNE Le 9 octobre, les députés ont voté le passage du délai légal pour l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse. Mais le texte n’est toujours pas au Sénat

20 Minutes avec AFP

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Brochure d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Brochure d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). — DURAND FLORENCE/SIPA

Des députés et sénateurs font monter la pression sur l’exécutif au sujet de la durée légale pour avorter. Quelque 76 parlementaires, essentiellement de gauche, mais aussi de la majorité, appellent le gouvernement, dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, à « accélérer l’adoption » de la proposition de loi visant à allonger ce délai.

Respecter « la démocratie parlementaire »

« Nous, parlementaires engagés pour le droit à l’avortement, appelons le gouvernement à reprendre la proposition de loi et à l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat, pour en accélérer l’adoption », écrivent les signataires. « Par respect pour la démocratie parlementaire. Et pour que l’IVG soit un droit réel pour toutes les femmes ». « Des voix individuelles et collectives s’opposent toujours à ce texte et tentent de freiner la navette parlementaire. Nous ne les laisserons pas y parvenir », affirment-ils.

Le 9 octobre, les députés ont voté en première lecture une proposition de loi pour faire passer le délai légal d’accès à l’interruption volontaire de grossesse de 12 à 14 semaines de grossesse. Le gouvernement avait alors fait preuve d’une grande prudence face à un texte porté par le groupe EDS (Ecologie, démocratie, solidarité), composé d’ex-LREM de l’aile gauche qui a depuis disparu, et soutenu par la gauche et le groupe LREM. Lors de l’examen du projet de budget de la Sécu à l’Assemblée, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué qu’il n’était « pas sûr » que la proposition de loi « aille au bout ».

Une demande transpartisane

Les socialistes Laurence Rossignol et Marie-Pierre de La Gontrie, qui ont à plusieurs reprises défendu sans succès un allongement du délai au Sénat, figurent parmi les signataires. Ont aussi signé des députés PS, LFI, ex-EDS (Emilie Cariou, Guillaume Chiche…), LREM (Emilie Chalas, Jean-Louis Touraine…), MoDem (Erwan Balanant, Richard Ramos), Agir. On compte également des sénateurs communistes ou écologistes, dont Esther Benbassa.