Confinement à Toulouse : Un millier de petits patrons se couchent sur le Capitole pour crier leur volonté de vivre

DIE IN A l'appel de leurs syndicats patronaux, un millier de commerçants et petits entrepreneurs ont réalisé un «die-in» ce vendredi sur la place du Capitole

Béatrice Colin
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Vendredi, place du Capitole, les petits patrons de Toulouse se sont mobilisés pour dire qu'ils étaient essentiels.
Vendredi, place du Capitole, les petits patrons de Toulouse se sont mobilisés pour dire qu'ils étaient essentiels. — B. Colin / 20 Minutes

Ils sont coiffeurs, restaurateurs ou encore producteurs d’événements, touchés de plein fouet par la crise du coronavirus. Ce vendredi, tous de noirs vêtus, ils s’étaient donné rendez-vous place du Capitole, à Toulouse, pour manifester. Ce qui n’est pas vraiment dans leurs habitudes. Mais cette fois-ci, leurs syndicats patronaux les avaient appelés à participer à cette mobilisation revendicative des commerces «non essentiels», simulant la mort de leur commerce.

« Aujourd’hui, nous sommes à 10 % de notre activité traditionnelle, sur l’année nous avons enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 95 %. Nos perspectives, c’est l’espoir de retrouver une activité en juin, que les gens aient envie à nouveeau d’organiser des choses », relève Michel Angely qui travaille au sein de l’agence d’événementiel et de voyages A la Une.

Il espère aussi que les messages du gouvernement vont changer, « que l’on nous considère comme des professionnels qui peuvent organiser des choses en toute sécurité, c’est possible dès que le confinement sera levé », assure-t-il.

A un mètre de lui, Gerome Cholley tient le Mas Tolosa, à Plaisance-du-Touch. Habituellement, en cette période, les séminaires battent leur plein. Mais depuis le mois de mars, il n’a pas réussi un événement de taille, uniquement quelques réunions de moindre ampleur. Et impossible de se rabattre sur les soirées privées ou les mariages qui ne sont plus autorisés non plus.

Vraie prise en charge

« L’an dernier en juin, il y avait 70 événements organisés au Mas, là cette année j’en ai eu quatre. On est des chefs d’entreprise, on se doit d’être optimistes. On se dit, pourquoi pas des tests avant pour que l’événement se passe en toute sécurité, car en attendant, on le sait tous, il y a en parallèle des soirées clandestines », déplore-t-il.

Alors, comme d’autres patrons de PME, ce vendredi, il s’est prêté de bonne grâce à une cérémonie dont l’objectif était de demander à l’Etat une « vraie prise en charge » et pas seulement des prêts, « un droit à mourir plus tard ».