Coronavirus : Appel à une « grève sanitaire » dans les lycées mardi pour dénoncer le protocole insuffisant

EDUCATION Le syndicat Snes-FSU demande la mise en place urgente de nouvelles mesures sanitaires

20 Minutes avec AFP

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Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, organise jeudi en fin de journée une intersyndicale.
Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, organise jeudi en fin de journée une intersyndicale. — SYSPEO/SIPA

Un protocole sanitaire jugé insuffisant pour freiner l’épidémie. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, « a proposé aux syndicats de l’éducation FSU et à l’intersyndicale éducation d’appeler les personnels à une "grève sanitaire le 10 novembre", et ce "partout où les conditions sanitaires ne seraient pas réunies pour assurer la sécurité" », a expliqué Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat.

Le syndicat demande également la mise en place urgente de nouvelles mesures comme « le passage à des demi-groupes », la « réorganisation de la demi-pension », le « recrutement d’agents pour nettoyer davantage les salles » ou encore une « réflexion pour renforcer l’aération ».

Des blocages ce jeudi

Dès mardi, au lendemain de la rentrée, des élèves ont manifesté un peu partout en France devant leurs établissements pour dénoncer ce protocole sanitaire jugé insuffisant. Jeudi, quelques établissements seulement étaient concernés par des blocages. A Paris, selon le rectorat, des élèves ont bloqué brièvement jeudi matin quatre lycées (Turgot, Voltaire, Paul Valéry et Turquetil), sans incident. En Haute-Corse, des rassemblements et tentatives de blocus ont eu lieu devant deux lycées à Ile-Rousse et Bastia, a précisé le rectorat de Corse.

En Seine-et-Marne, deux lycées ont été bloqués, l’un à Thorigny-sur-Marne et à Melun, avec une intervention de la police. Mercredi, des élèves avaient bloqué le lycée Paul Eluard à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour y réclamer la mise en place d’un protocole sanitaire. La police a dû intervenir et a interpellé quatre personnes, relâchées dans la soirée, a-t-on appris de source proche du dossier.

Les tensions montent dans les lycées

« Nous venons d’alerter le ministre sur les tensions qui montent dans les lycées : la crainte sanitaire a pris le dessus depuis le retour des vacances car avoir encore aujourd’hui 35 élèves par classe dans nos établissements, ce n’est plus possible », a expliqué Philippe Vincent, du SNPDEN​, le premier syndicat des chefs d’établissement. Selon lui, « le port du masque ne suffit plus » : « Nous n’arrivons plus à ne pas brasser les groupes, à respecter les distances, à aérer les salles comme il le faudrait, nous avons atteint les limites ».

Son syndicat demande en urgence « un aménagement de l’accueil des élèves pour tous les lycées, avec une alternance un jour sur deux pour ne pas perdre trop les élèves en route, et ce pour au moins quelques semaines », a-t-il lancé, soulignant « la nécessité d’un cadre national ». La maire de Paris, Anne Hidalgo, a proposé jeudi au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et au rectorat que des lieux tels que les « bibliothèques, théâtres, gymnases » puissent être « mis à contribution pour donner plus d’espace aux lycéens », et éviter toute fermeture d’établissement.