Coronavirus : Comment les épreuves du bac vont-elles être réorganisées en raison de la situation sanitaire ?

EDUCATION Le ministre de l’Education a annoncé ce jeudi soir un changement du calendrier pour prendre en compte les complications dues à la crise du Covid-19

Delphine Bancaud

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Lors d'une épreuve du baccalauréat 2019. (Illustration)
Lors d'une épreuve du baccalauréat 2019. (Illustration) — Dominique Faget / AFP
  • Les élèves de 1re et de Terminale ont un planning d’épreuves du bac très chargé, qui démarre en janvier pour les premiers et en mars pour les seconds.
  • Mais compte tenu du retard qu’ils ont pris scolairement en raison du premier confinement et de ce début d’année scolaire compliquée à cause du Covid-19, les syndicats réclament des aménagements.
  • Le ministre de l’Education a annoncé ce jeudi soir que les épreuves d’évaluation communes étaient annulées au profit du contrôle continu.

Des examens oui, mais sous quelle forme ? Cette année, les lycéens de 1re devaient avoir un programme chargé : des épreuves communes du bac (EC) entre janvier et février (histoire géographie et langues pour les filières générales*), et entre avril et mai, une autre série d’EC (histoire-géo, langues et enseignement scientifique pour les filières générales*), ainsi qu’une épreuve sur l’enseignement de spécialité qu’ils abandonneront en fin de 1re. Sans oublier l'oral et l’écrit de l’épreuve anticipée de français en juin.

Quant aux élèves de Terminale, ils devaient démarrer dès le mois de mars avec les épreuves de spécialité, suivies entre avril et juin des EC (histoire-géo, langues et enseignement scientifique pour les filières générales*) et fin juin/début juillet de l’épreuve écrite de philo et du grand oral.

« Il ne faut pas les mettre davantage sous pression »

Un planning ​ très dense dont le ministère de l’Education a discuté avec les syndicats ce mercredi, lors du comité de suivi de la réforme du bac. Et pour ces derniers, la situation sanitaire actuelle rend impossible la tenue d’un tel programme. « Les enseignants ont pu mesurer les effets du confinement sur leurs élèves de 1re et de Terminale. Depuis la rentrée, ils s’efforcent de rattraper le retard scolaire accumulé et la tenue de premières épreuves d’EC en janvier pour les élèves de 1re est beaucoup trop tôt. Elle met les élèves en situation de stress intense. Idem pour les élèves de Terminale : on voit mal comment ils seront prêts à passer leurs épreuves de spécialités en mars », estime la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, Sophie Vénétitay.

« Certains enseignants commencent seulement à aborder le programme avec leurs élèves. Il ne faut pas les mettre davantage sous pression. Par ailleurs, si jamais les lycées mettent en place prochainement les cours en demi-groupes pour éviter un trop grand brassage des élèves, le calendrier des épreuves tel qu’il existe maintenant sera intenable », abonde Claire Krepper, secrétaire générale adjointe du syndicat d’enseignants SE-Unsa.

Jean-Michel Blanquer change le programme

D’où la demande des syndicats enseignants de réorganiser le planning des épreuves. « Pour les élèves de 1re, nous souhaitons un report des EC du premier au second semestre. Nous réclamons aussi un allégement des programmes pour les épreuves de français, de philosophie et les enseignements de spécialité », explique Sophie Vénétitay. De son côté, le SE-UNSA réclamait « la suppression pure et simple des premières épreuves d’EC pour les élèves de 1re, et si possible aussi celles de fin de 1re et celles de Terminale. En les remplaçant par les notes de contrôle continu. Et ce, afin de libérer du temps aux élèves. Sinon ils seront toujours en évaluation. Nous demandons aussi que les épreuves de spécialités des élèves de Terminale soient décalées de mars à juin et que les programmes soient réadaptés », estime Claire Krepper.

Fort de ce constat, le ministre de l’Education a annoncé ce jeudi soir dans une lettre adressée aux chefs d'établissement, une modification des épreuves. « Les trois périodes d’évaluations communes prévues pour les classes de 1re et de Terminale seront annulées en cette année 2020-2021 », écrit-il. A la place, les élèves seront évalués en contrôle continu. En pratique, cette mesure concerne l’histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n’est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l’enseignement scientifique pour la voie générale.

Les épreuves terminales sur les enseignements de spécialité, elles sont maintenues en mars prochain. Mais leurs modalités sont adaptées pour ne pas pénaliser les élèves. « Afin de tenir compte des effets de la crise sanitairesur les acquis des élèves, j’ai demandé que, pour chacune de ces épreuves, soient proposés, au choix des élèves, deux sujets élaborés à partir des entrées prépondérantes des programmes », écrit le ministre. Ce qui permettra aux élèves de choisir un sujet sur une thématique qu’ils auront forcément étudiée.​

Enfin, pour les candidats empêchés pour cause de force majeure aux épreuves de spécialité du mois de mars, « les épreuves de remplacement auront lieu au mois de juin », précise le ministère de l’Education. Des annonces qui vont permettre aux lycéens de mieux dormir la nuit.

* Pour les élèves de 1re technologique, les EC du premier et du deuxième trimestres concernent l’histoire-géo, les langues vivantes et les mathématiques. En Terminale technologique, les élèves passeront entre avril et juin des EC en histoire-géo, langues vivantes et mathématiques.