Attentat à Nice : Christian Estrosi veut la suspension des accords de Schengen

CONTROLE Le maire de Nice demande aussi que les réfugiés se voient retirer leur statut protecteur « en cas de délit »

20 Minutes avec AFP

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Christian Estrosi lors de l'hommage aux victimes de l'attentat, à Nice le 1er novembre 2020.
Christian Estrosi lors de l'hommage aux victimes de l'attentat, à Nice le 1er novembre 2020. — Laurent VU/SIPA

Après le temps du recueillement, voici celui des propositions. A la suite de l’attentat qui a fait trois morts dans une basilique à Nice, son maire, Christian Estrosi, réclame ce jeudi la suspension des accords Schengen. Ceux-ci permettent de voyager sans contrôle aux frontières dans 26 pays européens.

Dans une interview à Nice-Matin, Christian Estrosi propose de les suspendre « pour un certain temps ». « Nice n’a pas été touchée parce que c’était Nice, mais à cause de sa proximité avec la frontière » italienne, estime le maire de la ville. L’assaillant, Brahim Aouissaoui, un ressortissant tunisien de 21 ans, est arrivé clandestinement en Europe par l’île italienne de Lampedusa fin septembre. Et l’enquête a pu déterminer qu’il était arrivé à Nice le mardi 27 octobre, deux jours avant l’attaque.

Une idée portée avec un ancien commissaire européen

Christian Estrosi souhaite également que les réfugiés se voient retirer leur statut protecteur « en cas de délit ». Et pour lui, « toutes les démarches de droit d’asile doivent être effectuées dans les consulats généraux mutualisés sur le territoire des ressortissants demandeurs d’asile ». Autant de propositions qu’il dit porter dans une « démarche » commune avec l’ex-commissaire européen en charge de l’Union de la sécurité, Julian King.

L’espace Schengen, dont la France fait partie depuis 1995, permet aux voyageurs de circuler librement avec un simple document d’identité. Depuis fin 2015, des contrôles aux frontières ont cependant été rétablis par les autorités françaises, notamment à Menton, près de Nice. Les trains sont systématiquement contrôlés et la police aux frontières est en permanence sur l’autoroute A8. En près de cinq ans, il y a eu plus de 160.000 interpellations, malgré un net infléchissement en 2019 avec 22.000 interpellations. Mais, pour les associations humanitaires italiennes et françaises, ces contrôles poussent les migrants à prendre des risques sans les empêcher de passer.