Confinement en Charente-Maritime : Les maires de l’île d’Oléron veulent déroger à la règle du kilomètre pour donner l’accès aux plages à tous

CONFINEMENT Ils envisagent de rapidement prendre un arrêté s’ils ne sont pas entendus par la préfecture

C.C.

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Une plage de l'île d'Oléron.
Une plage de l'île d'Oléron. — RASMUSSEN SOREN/SIPA
  • Les huit maires de l’île d’Oléron souhaitent obtenir une dérogation sur la règle du kilomètre autour de son domicile.
  • Pour eux, la faible densité de population de l’île permet à toute la population de profiter de ses grands espaces naturels et en particulier les plages.
  • La préfecture n’a pas encore donné sa réponse. Ces élus envisagent de prendre un arrêté.

L’arrêté n’a pas encore été publié par les huit maires de l’île d’Oléron. Mais ça ne saurait tarder ! Pour l’instant, ils espèrent encore convaincre la préfecture de la Charente-Maritime dans les prochaines heures avant de passer à l’action. Ils souhaitent collectivement pouvoir déroger à la règle du rayon maximal de 1 km autour du domicile pour les déplacements brefs pendant cette période de reconfinement que vit la France depuis une petite semaine.

Michel Parent et ses camarades veulent que l’Etat prenne « en compte la spécificité insulaire du territoire oléronais à la faible densité afin de permettre aux habitants d’accéder aux nombreux espaces naturels : plages, marais, forêts. » Le maire de Château-d’Oléron et président de la communauté de communes dénonce « une forte inégalité entre ceux qui habitent à proximité d’une plage ou d’une forêt et les autres qui peuvent simplement faire le tour du pâté de maison. » « C’est intenable surtout quand on a en plus à quelques encablures de chez soi des grands espaces naturels », ajoute-t-il, alors que l’un de ses administrés avoue que « personne ne respecte cette règle » sur l’île.

Plus globalement, les élus regrettent que les spécificités de chaque territoire ne soient pas prises en compte par le gouvernement notamment dans les zones rurales. Christophe Sueur, maire de Saint-Pierre-d’Oléron, demande au micro de France 3 Aquitaine « d’arrêter d’avoir une écoute purement parisienne de bureaucrates qui considèrent qu’on fixe des règles au kilomètre. Nous ne sommes pas en métropole, nous sommes sur une île et je ne comprends pas que les habitants du centre-ville ne puissent pas aller voir la mer. »

Une densité de population faible

Pour étayer leur argumentaire, ils affirment que la situation n’a rien à voir avec ce que l’île d’Oléron a connu lors du premier confinement. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de transhumance vers leurs communes ces derniers jours. « On est 22.000 habitants sur une île de 30 km de long avec 80 km de plage et deux grandes forêts. Il n’y a absolument aucun risque sur la densité de population et il n’y a plus du tout les mêmes comportements qu’en mars ou avril dernier de la part de la population avec des personnes qui pouvaient se croire en vacances. La déambulation en extérieur peut donc se faire dans le respect des gestes barrières », affirme Michel Parent à 20 Minutes.

Il avance aussi « le bon sens » cher à Emmanuel Macron et au gouvernement de Jean Castex car pour lui « le confinement risque de durer et il faut qu’on adapte les choses sinon les mesures seront de moins en moins acceptées par la population, avec une frustration toujours plus forte chaque jour ». Les élus espèrent donc obtenir une réponse positive des autorités. Sinon ils iront au combat comme d’autres de leurs collègues sur les magasins de proximité.