Coronavirus : Les auto-écoles dans la rue contre le reconfinement

MANIFESTATIONS Le ministre délégué Alain Griset a assuré que les auto-écoles qui font seulement passer le permis « bénéficieront du dispositif du fonds de solidarité »

20 Minutes avec AFP

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Des voitures pour apprendre à conduire (illustration).
Des voitures pour apprendre à conduire (illustration). — ISA HARSIN

Le gouvernement tente de répondre à la grogne des auto-écoles. On peut passer le permis mais les leçons de conduite sont interdites : la nouvelle donne du reconfinement a en effet poussé dans la rue les gérants, qui demandent soit à poursuivre leur activité, soit à fermer pour bénéficier des aides gouvernementales.

Pour calmer le jeu, le ministre délégué Alain Griset leur a répondu mardi soir : « les auto-écoles qui font passer le permis – puisqu’elles ne donnent pas de cours de conduite – seront considérées comme des activités fermées et bénéficieront du dispositif du fonds de solidarité », a-t-il indiqué devant l’Assemblée nationale, au cours du débat sur la prorogation de l’état d’urgence sanitaire.

Une contestation sur tout le territoire

L’exécutif doit faire face à des manifestations un peu partout en France. A Prouvy dans le Nord, le centre d’examen du permis de conduire a par exemple été bloqué mardi, pour la deuxième journée consécutive. Des manifestations ont également eu lieu de Maubeuge à Orléans en passant par la métropole lyonnaise. Dans le Cantal, toutes les auto-écoles du département refusent même depuis lundi de conduire leurs candidats au centre d’examen.

Dans le Rhône, une visioconférence est prévue mercredi matin avec le sous-préfet. « Si nous n’obtenons pas de réponse à midi, nous bloquerons », a prévenu Sophie Karsenty, présidente départementale du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).

Surtout, dans quelques jours, les inspecteurs du permis de conduire vont se retrouver au chômage technique, faute d’élèves prêts pour l’examen, et avec un planning qui se cale deux semaines à l’avance. Seuls les centres de formation professionnelle (permis poids lourds, bus) ont le droit de poursuivre des formations et continueront donc à présenter des candidats. « On ne peut pas accumuler de retard sur les examens, mais il y aura un impact sur les gens qui attendent d’être formés, notamment pour avoir accès à des emplois », regrette Christophe Nauwelaers, secrétaire général d’un des syndicats d’inspecteurs, l’Unsa-Saneer.

La grogne des moto-écoles

Du côté des moto-écoles, la colère gronde aussi. « Je ne vois pas le danger qu’il y a à faire de la moto : tout seul sous son casque, on est confiné ! », explique Philippe Monneret, fondateur du groupe d’écoles EasyMonneret. « La théorie se fait en ligne de toute façon, et le gros de l’apprentissage se fait sur plateau. Avec masque et gants, on est à 3 m au plus près », souligne-t-il. De plus, depuis le premier confinement, de nombreux nouveaux candidats se sont inscrits au permis moto « pour éviter les transports en commun ». L’impossibilité de passer l’examen pendant le premier confinement a allongé les listes d’attente, et l’ouverture des centres d’examen pour ce reconfinement est « plutôt une bonne chose ». Mais elle doit s’accompagner de leçons, insiste-t-il : « On ne peut pas faire passer des gens qui n’ont pas roulé. »