Coronavirus à Paris : Les chiffres sur les nouvelles infections sont-ils réellement en baisse ?

EPIDEMIE A Paris, le taux de positivité des tests et l’incidence semblent marquer légèrement le pas mais l'agence régionale de santé alerte sur un retard des remontées émanant des laboratoires

Caroline Politi
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A Paris, quelques indicateurs semblent légèrement baisser ces derniers jours.
A Paris, quelques indicateurs semblent légèrement baisser ces derniers jours. — Caroline Politi/20 Minutes
  • En Ile-de-France, plus de 1.000 patients sont désormais hospitalisés en réanimation. 
  • A Paris, le taux d'incidence semble néanmoins se stabiliser voire légère baisser. 
  • L'es facteurs expliquant cette baisse reste encore difficilement exploitables.

Faut-il y voir une lueur d’espoir ? Après avoir grimpé en flèche depuis la mi-septembre, le taux d’incidence du coronavirus – c’est-à-dire le nombre de nouveau cas pour 100.000 habitants – semble s’être stabilisé et même avoir amorcé une très légère décrue dans la capitale depuis quelques jours. Ainsi, selon les données publiées par Santé Publique France*, ce taux s’établissait le 30 octobre autour de 519 cas pour 100.000 habitants contre 615 cas – un record – en début de semaine dernière. Une baisse qui ne saurait néanmoins cacher une situation extrêmement préoccupante : à Paris, l’incidence reste nettement au-dessus de la moyenne nationale (431) et dix fois supérieur au seuil d’alerte fixé par les autorités sanitaires (50 cas pour 100.000).

« Il faut rester très prudent concernant ces données, rien, pour l’instant, ne permet d’indiquer une baisse durable », avance-t-on l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France qui estime qu’il est « bien trop tôt » pour parler d’un éventuel « plateau ». « Nous n’en sommes malheureusement pas là. » Certains indicateurs semblent pourtant emprunter le même chemin. Le taux de positivité des tests* dans la capitale s’est stabilisé autour de 20 % la semaine dernière, légèrement sous la moyenne nationale de 20,6 %. Un niveau qui reste, une fois encore, extrêmement haut. De même, le taux de reproduction du virus – c’est-à-dire le nombre de personne qu’infecte en moyenne une personne positive – a baissé plus rapidement que la moyenne nationale : il se situe aujourd’hui autour de 1,14 à Paris contre 1,33 pour l’ensemble du territoire.

Des facteurs de baisse difficiles à identifier

Reste à savoir si ces données sont le signe d’une décrue amorcée ou un simple trou d’air dans les statistiques. Peut-on y voir les premiers effets du couvre-feu, entré en vigueur dans toute la région le 17 octobre, combiné aux vacances de la Toussaint ? Les premiers résultats se sont fait ressentir une dizaine de jours plus tard, ce qui est généralement le temps minimum nécessaire à une mesure pour porter ses fruits.

L’agence régionale de santé est nettement moins optimiste : cette légère inflexion serait en réalité mécanique. Un retard dans la transmission des tests PCR par les laboratoires a été constaté la semaine dernière. En clair : un rebond est fortement probable dans les jours à venir. « Les données de la semaine dernière et de ce début de semaine sont sous-évaluées, un rattrapage est actuellement en cours », indique l’ARS. Et de préciser : « Lorsqu’on analyse les données collectées il y a six jours, plus fiables car consolidées, on n’observe pas d’inflexion. Au contraire, l’incidence comme la positivité semblent augmenter au même rythme que dans le courant du mois d’octobre. »

Une situation critique à l’hôpital

Quoi qu’il en soit, la tension hospitalière reste, elle, à son comble. La barre symbolique des 1.000 patients hospitalisés en réanimation pour le Covid-19 sur les 1.200 lits habituels que compte la région a été franchie ce mardi. Rien qu’à Paris, 27 nouveaux patients ont été admis en soins intensifs et 112 hospitalisés dans un service classique pour la seule journée de lundi. Des chiffres qui ont plus que doublé en un mois. Certes, on est encore bien loin de ceux du printemps – on comptait 3.000 patients en réanimation fin mars en Ile-de-France – mais contrairement à la première vague où les hôpitaux avaient massivement déprogrammé des interventions, de nombreux lits sont actuellement occupés par des patients souffrant d’autres pathologies. D’où la crainte d’une seconde vague pire encore que la première.

* Taux calculé à partir de la moyenne des sept derniers jours afin de gommer les variations quotidiennes et notamment celles liées au week-end.