Confinement dans le Nord : La région Hauts-de-France veut une révision du protocole sanitaire à l'école

EDUCATION Les élus régionaux estiment que la distanciation sociale n'est pas possible dans les lycées où la colère monte de plus en plus

F.L. avec AFP
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Une classe de lycée dans le Nord
Une classe de lycée dans le Nord — FRANCOIS GREUEZ/SIPA
  • La mise en place du nouveau protocole sanitaire provoque la colère des élèves, enseignants et élus.
  • A Roubaix, des enseignants ont fait grève ce mardi pour remettre en cause un protocole inapplicable sans moyens supplémentaires.
  • Le conseil régional, en charge des lycées, a demandé à l’Etat une réduction des effectifs.

La grogne monte dans les écoles. Ce mardi, des enseignants ont fait grève au collège et au lycée Baudelaire de Roubaix. Le lycée Queneau de Villeneuve d’Ascq a été bloqué par des élèves. Toutes ces actions ont une même cause : le protocole sanitaire mis en en place dans l’enseignement depuis le reconfinement.

Un sujet dont la région Hauts-de-France a décidé de s’emparer. Ce mardi, Manoëlle Martin, vice-présidente en charge des lycées au conseil régional, a demandé « une révision du protocole sanitaire » dans les établissements scolaires, « au constat qu’il ne peut pas être appliqué », a déclaré l’élue.

« La distanciation d’un mètre n’est pas applicable »

Après plusieurs visites de responsables de la Région lundi dans des établissements scolaires, notamment de son président, Xavier Bertrand, le constat est « que la distanciation d’un mètre n’est pas applicable, ou en tout cas pas appliquée » dans les gros établissements, a relevé Manoëlle Martin.

« Le gros point noir » est la restauration scolaire, mais le problème se pose aussi dans les cours de récréation et pour la circulation des élèves dont peu « ont réalisé » l’impératif de respecter les mesures sanitaires, estime-t-elle.

La Région a alerté le ministère de l’Education et est « prête à aider à la réflexion », a-t-elle ajouté, prônant une révision des effectifs, avec des cours « moitié en présentiel, moitié en distanciel ». « Nous allons certainement mobiliser les régions sur cette thématique », via l’Association des régions de France, a-t-elle ajouté.

Les enseignants réclament des effectis réduits

Du côté des collège et lycée Baudelaire de Roubaix, les enseignants, qui se sont mis en grève mardi, réclament « des effectifs réduits » d’élèves, des « moyens pour que l’aération, la limitation du brassage et le nettoyage renforcé soient effectifs » et des masques chirurgicaux pour professeurs et élèves.

« Au lycée, 70 % des professeurs sont grévistes aujourd’hui. Seulement deux cours ont eu lieu ce matin. Au collège, au moins 30 % des enseignants sont en grève, une proportion qui pourrait évoluer », a affirmé Tiphaine Colin, professeur de sciences économiques et sociales et représentante du Snes-FSU.

Un « énorme décalage entre le discours et la réalité ».

« Localement, ce n’est pas possible de mettre en place le protocole national sans moyens et les établissements n’ont eu aucun moyen supplémentaire », a-t-elle expliqué, déplorant un « énorme décalage entre le discours et la réalité ».

« On veut à tout prix éviter la fermeture de l’établissement car ça entraîne un fort décrochage scolaire des élèves », a-t-elle ajouté, réclamant des « mesures nationales » pour réduire les effectifs, avec « des allégements de programme et un report du bac ».