Confinement : Pour les ménages modestes et ruraux, la fermeture des rayons non-essentiels des supermarchés « complique encore plus la vie »

VOUS TEMOIGNEZ Nos internautes réagissent à la fermeture des rayons non-essentiels dans les supermarchés, décidée par le gouvernement pour ne pas concurrencer les commerces de proximité.

Charlotte Murat

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Confinement : Quels sont les produits non essentiels que vous ne retrouverez plus en grande surface ? — 20 Minutes
  • Le gouvernement a décidé de la fermeture de tous les rayons non-essentiels dans les supermarchés à partir de ce mardi, pour ne pas concurrencer les commerces de proximité.
  • Si certains internautes approuvent ces mesures, cela complique la vie des ménages modestes et des habitants des zones rurales.
  • Ils craignent qu’Amazon soit encore le grand gagnant du confinement.

Plus aucun produit culturel, jouet, vêtement, appareil d’électroménager, fleurs, bijoux et décorations. A partir de ce mardi, mes grandes surfaces ont interdiction de vendre autre chose que des produits considérés comme essentiels. Dans la fronde des commerces de proximité, les librairies en tête, contre la grande distribution, le gouvernement a tranché par la voix de Jean Castex, dimanche soir. Certains d’internautes ont décidé de reporter leurs achats, par solidarité pour les petits commerçants, ou comptent bien bénéficier des services de click and collect quand c’est possible.

Mais pour d’autres, les semaines à venir s’annoncent compliquées. Notamment pour les petits budgets. « Je suis une travailleuse pauvre, précise d’emblée Laurence. Je n’ai pas les moyens d’acheter dans les commerces de proximité car ils sont plus chers que les grandes surfaces et je ne peux pas non plus commander par Internet, car il faut payer les frais de livraison. » Iza aussi n’achète les vêtements de la famille et les produits culturels qu’en supermarché pour faire des économies. « Je n’ai pas le choix que d’attendre le feu vert du gouvernement à la fin de ce deuxième confinement », regrette-t-elle.

Habiller les enfants

Mais si pour un adulte l’achat d’un vêtement peut être reporté, il n’en est pas de même pour les enfants et les bébés. « Comment le gouvernement peut-il décider ce qui est essentiel ou pas, s’interroge Laurie. J’ai un bébé qui a besoin de chaussures. Je me retrouve à devoir commander sur Internet à l’aveugle. Entre les délais de livraison et le risque que la taille n’aille pas, je fais quoi en attendant ? Je le laisse pieds nus ? Et pareil pour les vêtements. J’ai besoin de bodies. Je les paye trois ou quatre fois moins cher en grande surface que sur les sites spécialisés. C’est Monsieur Castex qui va les payer ? » D’autres s’inquiètent pour leur électroménager. « Comment faire si le frigo ou les plaques électriques tombent en panne », demande Nathalie. « Si on commande par Internet, les livraisons peuvent mettre une semaine à arriver », ajoute Céline.

A la colère des ménages modestes s’ajoute le sentiment d’abandon des habitants des zones rurales, pour lesquels il n’y avait de toute façon pas de concurrence entre la grande distribution et les commerces de proximité. « Chez nous, il n’y a aucun commerce de proximité, à part une petite boulangerie. J’achète donc tout au supermarché, dont le plus proche est à 15 km, raconte Chris. Ces annonces nous compliquent encore plus la vie et on se sent encore plus isolés. »

Amazon, grand gagnant

Même situation pour Véronique. « La seule librairie qui nous propose l’option click and collect implique un aller-retour de 70 kilomètres. Je doute que cette justification passe les contrôles de police. Tout ça pour préserver le chiffre d’affaires d’un libraire qui n’existe plus dans ma ville depuis quinze ans. En fermant le rayon livres de nos supermarchés et de nos points presse, l’Etat a fait fermer notre seule possibilité de se procurer un livre sans cramer du carburant ou passer par le Net et augmente le poids de ce nouveau confinement sur nos vies. »

Pour l’ensemble des produits non-essentiels, « il ne nous reste plus qu’à nous tourner vers Amazon, assène Vianney. Les seniors réfractaires à l’achat en ligne n’ont, quant à eux, plus aucun moyen de se procurer ces produits. Les conséquences sur le moral des Français s’annoncent désastreuses. »