Caricatures : « Il n’y a pas de délit de blasphème, n’en déplaise à l’archevêque de Toulouse », répond Gérald Darmanin

MISE AU POINT Vendredi, dans une interview donnée à France Bleu, Mgr Robert Le Gall avait indiqué qu’on ne « se moque pas impunément des religions »

B.C.

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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Damanin.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Damanin. — Jacques Witt/SIPA

« Il n’y a pas de délit de blasphème dans notre pays, n’en déplaise à Monseigneur l’archevêque de Toulouse, n’en déplaise à quelques responsables religieux, quelle que soit leur religion », a indiqué ce lundi matin Gérald Darmanin au micro de Bourdin Direct, sur RMC/BFM. Cette réponse du ministre de l’Intérieur intervient après la prise de position de plusieurs représentants de la communauté catholique ces derniers jours.

Au premier rang desquels, Mgr Robert Le Gall, l’archevêque de Toulouse. Vendredi, au micro de France Bleu Occitanie, le responsable du diocèse de Toulouse avait affirmé que « la liberté d’expression a des limites » et que l'« on ne peut pas se permettre de se moquer des religions, (car) on voit les résultats que cela donne ».

Pour l’ecclésiastique, « on met parfois de l’huile sur le feu avec ces questions des caricatures » de Charlie Hebdo. Avant d’ajouter qu’il ne défendait pas personnellement la liberté de blasphémer.

Goût très français de la moquerie

Une prise de position qui a suscité de nombreuses réactions, notamment chez le patron de LFI, Jean-Luc Mélenchon, mais aussi d’élus politiques locaux.

Le ministre de l’Intérieur a rappelé que des journalistes étaient morts pour ces caricatures, qu’il y avait un goût « très français de la moquerie », « depuis la Révolution et même avant », « de se moquer des puissants ». « Et ben laissons les gens se moquer des puissants, y compris les puissants religieux et ceux qui ne veulent pas acheter Charlie Hebdo, ils n’achètent pas Charlie Hebdo ».