Coronavirus : Douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école dans une France confinée

EN CLASSE Cette rentrée particulière doit commencer par un hommage national à Samuel Paty, professeur assassiné pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves

20 Minutes avec AFP

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Des élèves du lycée Masséna à Nice (image d'illustration).
Des élèves du lycée Masséna à Nice (image d'illustration). — SYSPEO/SIPA

L’heure de la rentrée a sonné pour douze millions d’élèves français. Un retour à l’école inédit en pleine crise sécuritaire, et alors que le pays vient d’être reconfiné pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Malgré l’épidémie, « nous faisons tout pour qu’il y ait une continuité du service public de l’éducation, c’est dans ces moments-là que nous montrons que nous sommes une République forte », a assuré le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer dans son message vidéo de rentrée. C’est la grande nouveauté de ce reconfinement : les écoles, collèges et lycées sont ouverts, contrairement au printemps, mais seront soumis à un protocole sanitaire renforcé. Outre des limitations de déplacement à la cantine ou dans la cour de récréation, le port du masque sera dès ce lundi désormais obligatoire pour les élèves dès six ans.

Inquiétude chez les parents

« On n’a toujours rien reçu de l’école, ni sur les masques ni sur l’ouverture ou pas de la cantine, je vais lui mettre des masques chirurgicaux dans le cartable et on verra », dit Marion Lafuste, 35 ans, mère de Raphaël, scolarisé en CP à Paris, qui est, elle, en « télétravail à 100 % ».

« La situation angoisse et inquiète tous nos compatriotes, donc les parents et les élèves », explique Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, première association de parents d’élèves. « Les gestes barrière pour qu’ils puissent être appliqués notamment la distanciation physique, il faut massivement embaucher des enseignants comme l’a fait l’Italie, c’est la seule façon qu’on a de lutter efficacement contre la propagation du virus », a-t-il ajouté.

Fermer les lycées

Plus de 3.500 malades du Covid-19 sont désormais hospitalisés en réanimation ou en soins intensifs, selon Santé Publique France, qui comptabilisait dimanche 231 décès et 289 nouvelles admissions en 24 heures. Alors que les capacités de « réa » doivent être portées à 7.000 lits, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, a déclaré dimanche s’attendre à un mois « très tendu », avec un pic dans les réanimations prévu pour la troisième semaine de novembre.

Dimanche, le ministre de la Santé Olivier Véran a plutôt évoqué la possibilité de fermer les lycées si les mesures prises ces derniers jours pour freiner l’épidémie ne sont pas « suffisamment efficaces ». « Nous adapterons les règles en fonction de ces données », a-t-il dit au Journal du dimanche.

Minute de silence nationale

Dans toutes les écoles, cette rentrée si particulière sera aussi le temps d’un hommage à Samuel Paty, professeur assassiné à la veille des vacances pour avoir montré des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression. Une minute de silence sera observée à 11 heures, après la lecture de la Lettre aux instituteurs de Jean Jaurès, « de préférence dans les salles de classe, et si les conditions sanitaires le permettent, dans la cour de l’établissement ».

La minute de silence de lundi « doit être respectée », a prévenu Jean-Michel Blanquer, qui invite à signaler tout éventuel problème en la matière aux rectorats. « Ce temps pourra être précédé d’un temps pédagogique en classe », adapté à l’âge des élèves, autour des valeurs de la République et de son école.

Depuis, la France a connu une autre attaque dans une église à Nice et le plan Vigipirate a été porté au niveau « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire. Des rondes et patrouilles « fixes et mobiles » de gendarmes et de policiers sont donc prévues dès lundi devant les 60.000 établissements scolaires du pays.