Attentat à Nice : Les catholiques réunis pour « réparer » Notre-Dame, « profanée » par le terrorisme

TERRORISME Après l’attaque au couteau qui a fait trois morts, un rite s’est tenu dans la basilique

Fabien Binacchi
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Les portraits des trois personnes tuées jeudi ont été exposés à l'entrée de la basilique
Les portraits des trois personnes tuées jeudi ont été exposés à l'entrée de la basilique — O. Huitel / Diocèse de Nice
  • Un attentat a fait trois morts jeudi dans la basilique Notre-Dame de Nice.
  • Une cérémonie de « réparation » était organisée dans l’édifice religieux trois jours après l’attaque au couteau.

Sur les façades à nouveau éclairées de la basilique, un drapeau brésilien rappelle l’origine de Simone Barreto Silva, l’une des trois victimes de l’attaque au couteau perpétrée jeudi dans l’édifice religieux le plus emblématique de Nice.

Les murs de la basilique, où un drapeau brésilien, a été accroché, étaient à nouveau éclairés dimanche soir
Les murs de la basilique, où un drapeau brésilien, a été accroché, étaient à nouveau éclairés dimanche soir - M. Bernouin / ANP / 20 Minutes

Dimanche soir, le portrait de cette quadragénaire, comme ceux de Nadine Devillers et de Vincent Loques, le sacristain, également tués, s’affichait bordé de noir à l’entrée de Notre-Dame de l’Assomption, où 150 personnes assistaient, sous haute sécurité, à une messe de « réparation ». Le maire LR de Nice Christian Estrosi et le préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez étaient notamment présents aux côtés des familles des trois victimes.

« La vocation de ce lieu » entachée

« L’abomination du geste terroriste a entaché la destination et la vocation de ce lieu », a lancé l’évêque de Nice, Mgr André Marceau, à l’entrée de la basilique. Ce lieu « a été profané à travers ces trois vies volées au nom d’un faux visage de Dieu ou d’idéologie perverse, toxique et mortifère », a-t-il dénoncé.

Derrière les murs blancs, les lumières avaient été baissées, les ornements liturgiques retirés. Ils n’ont pu briller à nouveau qu’après un rite précis. De l’eau bénite a été aspergée sur les murs de l’édifice comme au moment « de la construction de la basilique », a rappelé l’évêque du diocèse de Nice.

Derrière des barrières, 150 personnes étaient également réunies pour suivre la messe à distance
Derrière des barrières, 150 personnes étaient également réunies pour suivre la messe à distance - M. Bernouin / ANP / 20 Minutes

Trois jours après le choc, un nouveau périmètre de sécurité avait été délimité autour de Notre-Dame, dont l’accès avait été réservé. Derrière des barrières, positionnées au-delà des rames du tramway, 150 autres personnes s’étaient également réunies pour suivre l’office, à distance. Entonnant parfois, de concert, les chants liturgiques.

« Jésus dit toujours qu’il faut aimer ses ennemis mais je ne peux pas aimer quelqu’un qui a tué des croyants, c’est difficile de pardonner, même en tant que chrétien », confiait Léo, en sortant d’une messe organisée dans une autre église plus tôt dans la journée.

Dimanche soir, trois personnes étaient toujours entendues en garde à vue dans l’enquête sur cet attentat qualifié d’attaque « terroriste islamiste » par le président de la République Emmanuel Macron. Trois autres ont été libérées dimanche après-midi, selon Nice-Matin. L’auteur présumé des coups de couteau mortels, un Tunisien de 21 ans blessé grièvement lors de son arrestation, est toujours hospitalisé.

Brahim Issaoui était « manifestement » venu en France « pour tuer », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Arrivé à Nice mardi, il a été repéré par des caméras de vidéosurveillance à proximité de la basilique la veille des faits.