Attentat à Nice : A Toulouse, des imams ont assisté à la messe de Toussaint et pris la parole

SYMBOLE Trois jours après l’attentat à Nice, des imans toulousains et leurs familles ont participé à la messe de Toussaint à Bagatelle, un quartier populaire de Toulouse

20 Minutes avec AFP

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Un prêtre au moment de l'eucharistie. Illustration.
Un prêtre au moment de l'eucharistie. Illustration. — MARTIN BERNETTI / AFP
  • Plusieurs imams toulousains ont symboliquement assisté à une messe de Toussaint, trois jours après l’attentat de Nice.
  • L’un d’eux a dénoncé « les gens sans esprit ni raison qui veulent faire une autre interprétation du Coran ».
  • La messe avait lieu dans le quartier populaire de Bagatelle, où le dialogue interreligieux est privilégié.

Le symbole est extrêmement fort trois jours après l'attentat de la basilique Notre-Dame de Nice qui a fait trois morts. A Toulouse ce dimanche, des imams et leurs familles ont participé à la messe de Toussaint donnée en l'église Saint-Esprit de Bagatelle. Parmi eux, Lahoury Siali, un des imams de la mosquée Al-Rahma., dans le quartier voisin de la Faourette.

« Ces gens sans esprit ni raison veulent faire une interprétation [du Coran]. Nous la récusons fermement » a-t-il déclaré, s’exprimant aux côtés de Gérard Hall, le curé de la paroisse, à propos des attaques djihadistes. L’imam a prononcé une prière en arabe devant les fidèles catholiques et souligné que les musulmans étaient « les principales victimes de ces gens-là ». « Nous n’avons mandaté personne, n’avons donné aucune procuration à personne pour parler en notre nom. Au nom de quelle philosophie, de quelle spiritualité, tu viens ôter la vie à des gens innocents ? », s’est indigné Lahouary Siali.

Une banque alimentaire œcuménique

Le père Hall considère que la présence des imams à sa messe était « importante », en particulier dans la continuité des actions interreligieuses du secteur comme la banque alimentaire montée pour le premier confinement par la paroisse, les deux mosquées et l’église baptiste de ce quartier populaire de la Ville rose.

Le curé admet que les caricatures « puissent blesser les gens. Moi, dit-il, quand on caricature le Christ, je suis blessé, mais on ne va pas tuer ou interdire la liberté d’expression pour ça ».

Vendredi Mgr Robert Le Gall, l’archevêque de Toulouse, avait créé la polémique en estimant que « la liberté d’expression a des limites » et « qu’on ne pouvait pas se permettre de se moquer des religions, [car] on voit le résultat que cela donne ».