Femme tuée par des chiens : Deux experts vétérinaires mettent en cause le chien du compagnon d’Elisa Pilarski

ENQUETE Deux experts vétérinaires, mandatés par la justice, estiment que la jeune femme de 29 ans a été tuée par Curtis, le chien de son compagnon

F.L. avec AFP
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La forêt de Retz (Aisne)
La forêt de Retz (Aisne) — Google maps
  • Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, une jeune femme enceinte de 29 ans, a été tuée par des chiens en forêt de Retz, dans l’Aisne.
  • Depuis, la justice cherche à savoir qui du chien de son compagnon ou des chiens d’une chasse à courre qui se tenait à proximité a mortellement mordu la jeune femme.
  • Selon deux experts vétérinaires, ce serait Curtis, le chien du compagnon de la victime, qui serait à l’origine des morsures mortelles.

Le mystère enfin résolu ? Depuis le décès d’Elisa Pilarski, tuée par des chiens en forêt de Retz (Aisne), le 16 novembre 2019, les enquêteurs ne savaient pas quel animal – ou quels animaux – avait vraiment mordu mortellement la jeune femme de 29 ans, enceinte au moment des faits. Deux versions s’opposaient entre le chien du compagnon de la victime et des chiens d’une chasse à courre qui se tenait à proximité des lieux du drame.

Selon deux vétérinaires, mandatés par la justice, seul le chien qu’Elisa Pilarski promenait alors est à l’origine de sa mort. C’est ce qu’a indiqué dimanche l’avocat du compagnon de la jeune femme tout en relativisant la portée de ces conclusions.

Des prélèvements génétiques effectués sur 67 chiens

Afin d’identifier le ou les animaux responsables, des prélèvements génétiques ont été effectués sur 67 chiens : les cinq American Staffordshire d’Elisa Pilarski et de son compagnon Christophe Ellul, et 62 autres appartenant à l’association le Rallye la Passion.

Alors que les résultats de ces analyses sont toujours attendus, la Société de vénerie a rendu compte des conclusions des deux vétérinaires, incriminant selon elle exclusivement Curtis.

« C’est un réquisitoire, pas un rapport d’expertise. C’est très étonnant de la part de vétérinaires de déboucher sur quelque chose d’aussi catégorique », a réagi l’avocat de Christophe Ellul, Alexandre Novion. « L’opinion éponge depuis des mois des attaques récurrentes contre [Christophe] Ellul et son chien », déplore-t-il, se réservant le droit de demander une contre-expertise. « Contrairement à ce que la partie adverse affirme, la messe n’est pas dite. »

La fin du mystère ?

La Société de vénerie se veut catégorique sur la mise hors de cause des chiens de chasse à courre par les deux experts, citant des extraits du rapport. « Le chien Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès », écrivent les deux vétérinaires, d’après le communiqué de la Société. « Les morsures individualisables sont compatibles avec la mâchoire du seul Curtis et non des chiens de chasse ».

D’après Guillaume Demarcq, avocat du maître d'équipage du Rallye La Passion, « il n’y a plus, si tant est qu’il y en ait eu un jour, de mystère Elisa Pilarski. Curtis a tué Elisa Pilarski. Il n’y a pas de contestation possible sur le scénario du drame. Rien ne peut arrêter ce chien quand il commence à mordre. » Selon lui, même si le l’ADN des chiens de chasse à courre était retrouvé sur le corps de la victime, on ne pourrait pas conclure qu’ils l’ont mordue ou tuée.

Un rapport qui n’est pas définitif

Le rapport des vétérinaires « est un élément important du dossier, parmi d’autres, les analyses ADN seront un élément de plus à mettre en perspective avec le reste des éléments », a commenté Cathy Richard, avocate de la mère d’Elisa Pilarski.

« Elisa et Christophe Ellul se connaissaient depuis peu de temps, elle n’était pas là quand il a dressé Curtis, n’a jamais vécu avec ce chien et n’avait jusqu’alors pas eu l’occasion d’être seule avec lui », a-t-elle souligné.