Confinement au Mans : Une librairie indépendante a ouvert ses portes ce vendredi

COMMERCE Samuel Chauveau, de la librairie Bulle, a pris la tête d'une fronde de libraires manceaux

J.U. avec AFP

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Photo d'illustration d'une librairie.
Photo d'illustration d'une librairie. — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Au Mans, des libraires s’insurgent contre les nouvelles restrictions « injustes » les obligeant à fermer.
  • L’un d’entre eux a continué à accueillir des clients ce vendredi.

Elles ont décidé d’entrer en résistance. Des librairies indépendantes du Mans se mobilisent contre les nouvelles restrictions « injustes » les obligeant à fermer. Ce vendredi, l’une d’elles ayant même décidé d’ouvrir ses portes aux clients. Pour Samuel Chauveau, gérant de la librairie de BD Bulle, la décision du gouvernement de fermer les librairies a été « la goutte d’eau ».

« Comme un coup de tonnerre, nous avons appris que la Fnac restait ouverte », dit-il. « Ce matin nous étions une centaine dans la rue, et nous avons devant les médias, ouvert la librairie, en accueillant trois-quatre personnes à la fois, bien évidemment en respectant les mesures sanitaires », a indiqué le libraire.

Injustice

« On ne demande pas de rouvrir mais on demande que les autres soient fermés », souligne Samuel Chauveau. « Non seulement la grande distribution en périphérie vend tout ce qu’elle veut, mais les blockbusters, les prix littéraires arrivent, je trouve cela injuste », estime-t-il. Samuel Chauveau, qui a pris la tête d’une fronde de libraires manceaux, dénonce la façon dont les librairies indépendantes sont traitées dans la gestion de la pandémie.

« Nous suivons toutes les mesures sanitaires demandées, mais l’injustice est qu’on doit stopper, alors qu’on sait que c’est dans la grande distribution que les contaminations sont les plus importantes », a-t-il dénoncé. D’après lui, « tous les auteurs qui sortent leurs ouvrages, qui ont travaillé des années, vont pâtir » de cette restriction.

La Fnac et Amazon en ligne de mire

Si la librairie Bulle, qui emploie 12 salariés, était la seule à ouvrir vendredi, six autres librairies ont choisi de respecter le cadre autorisé tout en étant solidaires. La librairie Thuard a continué de servir ses clients via un grand drive sur réservation pour une trentaine de clients dans la journée.

Pour Anne-Sophie Thuard, qui fait travailler 18 personnes et trois apprentis, « c’est une injustice que la Fnac vende des livres alors que c’est à deux pas de chez nous ». « Mais la plus grosse angoisse vient peut-être d’Amazon : je pleure », a dit cette libraire franco-néerlandaise. Vendredi soir, face au tollé, la Fnac a décidé la fermeture de l’ensemble des rayons culture de ses magasins.