Attentat à Nice : Comment se déroule le renforcement de l'opération Sentinelle ?

MILITAIRE 4.000 militaires supplémentaires sont mobilisés à partir de ce vendredi pour renforcer l'opération Sentinelles. Qui sont-ils et quel est leur rôle ?

Jean-Loup Delmas

— 

Emmanuel Macron devant des militaires à Nice après l'attentat de la basilique Notre-Dame
Emmanuel Macron devant des militaires à Nice après l'attentat de la basilique Notre-Dame — SIPA
  • Après l’attentat à Nice, Emmanuel Macron a renforcé de 4.000 hommes l’opération Sentinelle, qui mobilisait jusque-là 3.000 militaires.
  • Comment s’organise ce renforcement et quel impact aura-t-il sur les Armées ?
  • « 20 Minutes » fait le point.

Ce jeudi, un attentat islamiste à Nice a fait trois morts et plusieurs blessés dans la basilique Notre-Dame. Conséquence de ce deuxième attentat en moins de 15 jours, après  celui commis contre le professeur Samuel Paty le vendredi 16 octobre, le plan Vigipirate passe en urgence attentat.

En plus d’un renforcement de policier de gendarmes, notamment dans la ville de Nice, Emanuel Macron a décidé de passer la « mobilisation dans le cadre de l’opération Sentinelle de 3.000 à 7.000 militaires sur le sol Français », afin de « protéger tous les lieux de culte. En particulier, bien évidemment, les églises pour que la Toussaint puisse se dérouler dans les conditions qui sont dues ». Le président a aussi promis que les écoles seraient protégées « pour la rentrée qui vient ». 20 Minutes fait le point sur l’opération sentinelle et les implications de ce renforcement.

L’opération Sentinelle, qu’est ce que c’est ?

L’opération Sentinelle a été mise en place en 2015, à la suite des attentats de Charlie Hebdo les 7, 8 et 9 janvier. Des militaires sont réquisitionnés, formés et chargés d''assurer la sécurité des sites jugés exposés à la menace terroriste. Ces derniers se montrent très divers : lieux de culte, école, monuments, gares, aéroports, etc. Les soldats de cette opération sont spécialement formés pour faire face à la menace terroriste. Le nombre de soldats mobilisés pour cette opération est actuellement entre « 3.000 et 3.200 », confie Frédéric Barbry, porte-parole du chef d’état-major des armées. Mais après les déclarations d’Emmanuel Macron, les 4.000 militaires supplémentaires « se préparent ou sont déjà en déplacement pour rejoindre ceux déjà présent. La mobilisation s’est tout de suite mise en place. »

Qui sont et d’où viennent ces 4.000 militaires supplémentaires ?

« Ce sont quasi exclusivement des militaires de l’Armée de terre, renseigne Frédéric Barbry, qui sont déjà formés pour cette opération et en alerte depuis plusieurs mois. » Soit en garnison, soit déjà sur le terrain, ils sont situés en France, permettant « une disponibilité de leur part dans les plus brefs délais. » C’est donc important de le noter, « il n’y aura pas d’impacts sur les opérations extérieures de la France, ni de militaires français rapatriés pour cette mission. »

Cette mobilisation est rendue plus facile par le contexte hors été et la crise sanitaire, « il n’y a donc pas de militaires mobilisés pour la surveillance de plage ou d’événements de masse. »

L’opération sentinelle renforcée durera-t-elle après la Toussaint ?

Certes, Emmanuel Macron a longuement insisté pour la Toussaint. Néanmoins, « le renforcement de 4.000 militaires se prolongera même après dimanche. Il n’y a pas de date arrêtée pour le moment », rappelle Frédéric Barbry.

Quelles seront leurs missions ?

Pour Frédéric Barbry, il faut sortir de l’image des militaires montant simplement la garde statiquement devant une Eglise par exemple. Au contraire « nos unités s’inscrivent dans une démarche dynamique et mobile ». Les militaires auront « des chemins de rondes et des cheminements très aléatoires afin de quadriller le maximum de terrain et d’englober plusieurs sites. C’est une méthode éprouvée, une imprévisibilité basée sur la mobilité se montre beaucoup plus efficace que la défense statique d’un site. »