Lyon : Après l'arrestation d'un Afghan à Perrache, la piste terroriste semble écartée

ENQUETE L’individu de 26 ans, qui va faire l’objet d’une expertise psychiatrique, n’était pas connu des services de police et ne semblait pas radicalisé

Caroline Girardon

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Lyon, le 3 octobre 2018
La BST, brigade spécialisée terrain, patrouille désormais en renfort des effectifs de police déjà déployés dans les Quartiers de reconquête républicaine.
Lyon, le 3 octobre 2018 La BST, brigade spécialisée terrain, patrouille désormais en renfort des effectifs de police déjà déployés dans les Quartiers de reconquête républicaine. — Caroline Girardon

La piste terroriste semble écartée. Au lendemain de l’interpellation d’un Afghan de 26 ans armé d’un couteau, jeudi matin à Lyon, le parquet a livré quelques informations sur le suspect.

L’individu, qui déambulait rue Victor-Hugo avec son arme, venait tout juste d’être condamné à six mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende. L’audience s’est tenue le 21 octobre. Le jeune homme était poursuivi pour avoir menacé et violenté des personnes dépositaires de l’autorité publique. La veille, il s’était rendu à la préfecture de Lyon pour une démarche liée à son titre de séjour. Il s’était présenté non masqué. Les policiers, présents à l’entrée, lui ont alors demandé de se couvrir le visage avant qu’il ne s’emporte, les insulte et les frappe.

Inconnu des services de police

Arrivé en France en 2014, le suspect bénéficiait d’un titre de séjour valable, précise Nicolas Jacquet, le procureur de la République de Lyon. « Il n’était pas connu des services de police tant sur le plan de délinquance que de la radicalisation en dehors d’une condamnation pour défaut d’assurance », ajoute-t-il démentant ainsi les informations relayées par plusieurs médias.

Lors de sa garde à vue, l’Afghan a formellement contesté toute intention violente expliquant que son couteau devait lui servir à « couper du chocolat » et « pour manger », précise encore le procureur de la République. Les investigations vont se poursuivre sur commission rogatoire afin de déterminer plus exactement son parcours, ses motivations et apporter davantage d’éléments sur sa personnalité au travers notamment d’une expertise psychiatrique.

L’homme, présenté au parquet de Lyon, a été mis en examen pour port d’arme prohibée et menaces avec arme et placé en détention provisoire.