Halloween à Montpellier : Les esprits damnés de la rue des Multipliants

TROUILLE A l’occasion d’Halloween, « 20 Minutes » vous fait découvrir des maisons hantées ou des lieux maudits un peu partout en France. Rue des multpliants, un horrible destin a frappé une assemblée de 230 personnes

Jérôme Diesnis

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La rue des multipliants.
La rue des multipliants. — J. D.
  • Ce samedi, c’est Halloween, l’occasion de se raconter des histoires d’horreur. 20 Minutes vous fait découvrir celles de lieux maudits ou de maisons hantées partout en France.
  • A Montpellier, on tremble pour les âmes damnées des visiteurs de la rue des multipliants, qui rentraient un par une dans une demeure et ressortaient en groupe comme s’ils se multipliaient à l’intérieur…

Pendant longtemps, hommes et femmes se signaient en passant devant le numéro 5 de la rue des Multipliants. Dans cette petite artère toute proche de l’église Saint-Roch s’est noué le destin tragique de plusieurs dizaines de personnes.

Au début du XVIIIe siècle, à une époque où la pratique du protestantisme était cruellement réprimée, une petite assemblée composée de 230 personnes se réunissait chez Anne Robert, veuve Verchant. Dans son ouvrage Macaniche : quelle histoire !, paru en 2015 peu de temps avant sa mort, Roland Jolivet, revient sur leur destin tragique.

Direction la tristement célèbre tour de Constance

Cet auteur spécialiste de la petite et de la grande histoire montpelliéraine explique que c’est en leur souvenir qu’a été baptisée cette rue : il était habituel d’y voir entrer des personnes une par une et de voir sortir de petits groupes comme s’ils se multipliaient à l’intérieur de la maison. Un manque de discrétion qui leur a sans doute été fatal.

Des dizaines d’hommes furent arrêtés, pour certains pendus sur l’esplanade, les autres envoyés pour le reste de leur vie en galères. Les femmes furent emprisonnées dans la tristement célèbre tour de Constance d’Aigues-Mortes. L’une d’entre elle y demeura quarante ans, jusqu’à sa mort.

Aucune maison n’a jamais été reconstruite par-dessus

La légende veut que les âmes de ces pauvres hères, assassinées, torturées ou emprisonnées, rôdent encore sur ce lieu tragique. La maison, elle, a été rasée. Mais près de trois cents ans après, l’histoire plane toujours. « Par un édit de l’époque, personne n’a le droit de construire au numéro 5 », explique Patrick, de la Casa de Pat, un restaurant mitoyen.

Effectivement, dans cette petite rue de l’écusson, ce sont des garages qui prennent place devant un immeuble construit en contrefort, formant une cassure étrange avec l’alignement des habitations…