Lyon : Un dispositif « gagnant-gagnant » pour faire le lien entre jeunes et recruteurs pour de courtes missions de travail

EMPLOI Plusieurs acteurs de l’insertion et de l’emploi se sont associés à la start-up lyonnaise JobyPepper pour créer « Relance avec les jeunes » qui permet en quelques clics de trouver un job

Elisa Frisullo
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Une femme, caissière dans un supermarché.
Une femme, caissière dans un supermarché. — VALINCO/SIPA
  • Le dispositif « Relance avec les jeunes » répond à la fois aux besoins des jeunes en quête de petits jobs et des entreprises qui, vu le contexte économique, ont des besoins de main-d’œuvre ponctuels.
  • Pendant ce confinement, les offres de missions devraient être fortes dans la grande distribution, la logistique ou encore le e-commerce.

« Jamais je n’aurais pensé travailler un jour comme traiteur en boulangerie », confie en souriant Kenzy Baba Abdi. Depuis septembre, ce Lyonnais de 18 ans a décroché deux jobs en seulement quelques clics sur Internet. Comme des centaines d’autres étudiants ou jeunes demandeurs d’emploi, il a été orienté vers ces missions dans la grande distribution puis chez un traiteur dans le cadre de « Relance avec les jeunes ». Un nouveau dispositif d’insertion par l’emploi créé en Auvergne Rhône-Alpes par la start-up lyonnaise JobyPepper, plateforme de missions à courte durée rémunérées, la CPME 69, Habitat & Humanisme Rhône, Sport dans la ville et la mission locale de Lyon.

Cette initiative est née pendant le confinement à l’initiative des cofondateurs de JobyPepper, confrontés dès le début de la crise sanitaire, à une hausse des inscriptions de jeunes sur leur application mobile. « Nous avons eu énormément de nouveaux inscrits au printemps. Beaucoup ont perdu leurs stages, leurs jobs d’été ou boulots étudiants, sur lesquels ils comptaient pour payer leurs loyers. Ils se sont retrouvés sans revenus. On ne pouvait pas les laisser sans solution », raconte William Vacher, l’un des fondateurs de la start-up, qui compte 20.000 jeunes inscrits sur sa plateforme en Auvergne Rhône-Alpes.

CDD, Intérim ou autoentrepreneuriat

Le dispositif « Relance avec les jeunes » (Raj), impliquant des acteurs majeurs de l’emploi et l’insertion, ne tarde pas à s’imposer dans l’esprit des deux entrepreneurs. Car face aux besoins des jeunes, premières victimes de la crise économique, ils observent aussi la frilosité des entreprises à recruter en raison du peu de visibilité sur les mois à venir. « Dans le contexte actuel, elles ont besoin de souplesse dans leur recrutement pour répondre à un besoin ponctuel de main-d’œuvre », poursuit-il. Une tendance qui devrait se renforcer d’ici à la fin de l’année malgré l’instauration du second confinement.

Dans les prochaines semaines, certains secteurs comme la grande distribution, la logistique, le e-commerce ou les services de livraison, vont en effet avoir besoin de monde pour répondre à la demande plus forte en magasin et aux commandes plus nombreuses. Puis, à l’heure du déconfinement, les établissements fermés, à l’instar des restaurants et des bars, risquent fort d’être de nouveau pourvoyeurs d’emplois. « En septembre, ce secteur a fait de très bons chiffres. Les établissements avaient alors un vrai besoin de recrutement sur mesure », observe William Vacher. L’outil Raj, qui permet de bénéficier des services de JobyPepper, offre à ces sociétés qui ne peuvent s’engager sur du long terme, la possibilité d’embaucher vite et à la carte. Et ce, en proposant des missions de quelques heures à plusieurs semaines, en CDD, intérim ou en autoentrepreneuriat.

Un « bon plan » pour les jeunes

Pour Kenzy, tout s’est passé en quelques jours, après une réunion d’information organisée par l’association Sport dans la ville. « J’y suis allé pour passer le temps, confesse le jeune homme. Et puis, en entendant parler de ce dispositif je suis allé sur l’appli, j’ai candidaté et j’ai rapidement trouvé une première mission de quelques jours puis une seconde chez un traiteur pour préparer des sandwichs. » La rapidité des démarches et la diversité des offres proposées plaisent au garçon. « Pour moi, c’est vraiment un bon plan parce que j’ai un an d’année sabbatique devant moi. Cela me permet de travailler et d’enrichir mon CV », ajoute Kenzy qui a dû reporter d’un an son BTS faute d’avoir pu trouver une entreprise en alternance.

Au-delà de ces courtes missions, l’objectif du dispositif est d’orienter les jeunes inscrits vers des emplois plus stables en CDD ou en CDI. Après quelques jours passés chez le traiteur, Kenzy s’est par exemple vu proposer un CDD de deux mois pour cette fin d’année. Si dans les prochaines semaines, l’intérêt pour Raj se confirme en Auvergne Rhône-Alpes, l’outil pourrait être étendu facilement à d’autres régions, avec l’implication des acteurs locaux de l’emploi et de l’insertion.