Halloween à Lyon : Le musée des Beaux-Arts hanté par l'esprit d'une nonne bien friponne

ICI, TROUILLE A l'occasion d'Halloween, «20 Minutes» vous fait découvrir des maisons hantées ou des lieux maudits un peu partout en France. Dans les murs du musée des Beaux-Arts de Lyon, auparavant un couvent, rôdait le fantôme d'une nonne à la vie dissolue

Caroline Girardon

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Le musée des beaux-arts de Lyon, un ancien couvent, a été hanté par l'esprit d'une nonne à la vie bien dissolue.
Le musée des beaux-arts de Lyon, un ancien couvent, a été hanté par l'esprit d'une nonne à la vie bien dissolue. — Setboun/Sipa
  • Ce samedi, c’est Halloween, l’occasion de se raconter des histoires d’horreur. 20 Minutes vous fait découvrir celles de lieux maudits ou de maisons hantées partout en France. A Lyon, on tremble pour l’histoire de cette nonne aux mœurs légères qui a hanté les murs du couvent de Saint-Pierre, devenu aujourd’hui le musée des Beaux-Arts.
  • Un exorciste est intervenu en 1526 pour chasser l’esprit de la malheureuse, qui demandait à rejoindre le paradis.

Si vous vous promenez dans les allées du musée des beaux-arts de Lyon, peut-être entendrez-vous, si vous tendez l’oreille, le murmure d’Alix de Theizé. Son esprit a normalement été chassé par un exorciste au 16e siècle, mais qui sait ? Son âme, longtemps torturée, rôde peut-être encore dans les murs de cette ancienne abbaye (de Saint-Pierre-les-Nonnains), où les mœurs étaient bien légères et très loin des standards qu’imposait l’ordre bénédictin.

Remontons en l’an 1506, époque où l’actuel quartier des Terreaux était tenu à l’écart du reste de la ville de Lyon. La Croix-Rousse n’était pas encore annexée, et des remparts protégeaient le monastère de toute invasion possible. « C’était la partie la moins habitée de la ville, un lieu vraiment reculé », relate Eloïse Boisrou, conteuse de rue et dirigeante de Lyon Insolite. « Une trentaine de religieuses, des filles de bonne famille vivaient dans ce couvent. Très vite, elles ne vont pas du tout respecter les règles imposées par leur ordre, à savoir le silence et la chasteté ».

Parties fines et banquets alcoolisés

Dire que l’abbaye était en réalité un lieu de débauche est un euphémisme. Les nonnes s’en donnent à cœur joie. Dans leurs cellules particulières, elles reçoivent à toute heure des hommes avides de relations sexuelles. Les religieuses organisent des fêtes où le vin coule à flots mais aussi des parties fines au retentissement scandaleux. Considéré comme un temple de la luxure, le monastère échappe toutefois à l’autorité de l’évêque puisque placé sous l’autorité du pape.

Le roi Louis XII et son épouse Anne de Bretagne s’en mêlent. Sans succès. Une bulle papale (document sous scellé) est rédigée pour relater ce qui passe derrière les murs du couvent. « Mais elle n’a jamais été traduite car ce qui était rapporté en détail était bien trop vulgaire, révèle Eloïse Boisrou. Les nonnes ont refusé de se soumettre. Elles ont tenu bon. Elles se sont révoltées, réussissant même à faire excommunier l’archevêque de Lyon ».

La douce amante possédée

En 1516, le roi François 1er tente à son tour de ramener les bénédictines à la raison. Et notamment la belle Alix de Theizé (ou Alice selon les historiens). La sacristaine des lieux. La plus dévongerdée du groupe. Celle qui accorde autant ses faveurs aux hommes qu’aux femmes (voire les deux en même temps) est profondément attachée à sa douce amante, la jeune nonne Antoinette de Grôlée. « Pour frapper fort et rétablir l’ordre, les autorités décident d’envoyer Alix dans un autre couvent à Mionnay, où elle continuera sa vie de débauche », poursuit la conteuse. Elle finira par y mourir en 1524.

Deux ans plus tard, « Antoinette, qui était restée à l’abbaye de Saint-Pierre, a ressenti une présence, narre Eloïse Boisrou. La nuit, elle voyait les rideaux bouger. Elle sentait aussi quelqu’un qui l’embrassait sur la bouche ». L’histoire raconte également que le couvent, redevenu un lieu de tranquillité, regorgeait de bruits tout aussi étranges les uns que les autres. Des objets pouvaient même se déplacer. Et Antoinette finira possédée.

L'intervention d'un exorciste en 1526

« Elle a compris qu’Alix venait lui rendre visite la nuit pour récolter le pardon de la congrégation religieuse mais aussi pour implorer son aide. Son âme était coincée au purgatoire en raison de ses trop nombreux pêchés. Il a donc été décidé de faire appel à un exorciste », poursuit la conteuse précisant que des écrits très précis, attestant de son l’intervention, ont été retrouvés et conservés.

L’homme purifie ainsi les murs du couvent, désenvoûte Antoinette et permet à la tentatrice, absolue par ses consœurs, de rejoindre le paradis. Mais murmure-t-on dans le milieu lyonnais, la belle aimerait toujours revenir se promener dans les jardins du palais ou errer dans les allées du cloître…