Angers : Le conseil municipal vote contre la cession au Maroc d’une mosquée

LIEU DE CULTE En construction depuis 2014 dans le quartier des Hauts de Saint-Aubin, elle est prévue pour accueillir quelque 2.500 fidèles

20 Minutes avec AFP

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L’intérieur d'une mosquée (illustration).
L’intérieur d'une mosquée (illustration). — CHRISTOPHE SAIDI

Depuis l’attentat à Conflans, les sources de financement des mosquées sont au cœur des préoccupations des élus locaux. Le conseil municipal d’Angers s’est ainsi opposé lundi à la cession au Maroc d’une mosquée en construction, comme le souhaitait l’Association des musulmans d’Angers (AMA), propriétaire du terrain, pour pouvoir financer la fin des travaux.

Un terrain vendu en 2011

La grande mosquée d’Angers, prévue pour accueillir quelque 2.500 fidèles, est en construction depuis 2014 dans le quartier des Hauts de Saint-Aubin, dans le nord de la ville. Le terrain a été vendu en septembre 2011 à l’AMA, à dominante marocaine, par la société d’économie mixte Sara, devenue Alter Cités, présidée par le maire d’Angers Christophe Béchu (ex-LR). L’Association a voté fin septembre sa cession à titre gracieux au ministère des Habous et des Affaires islamiques du Maroc.

Dans une délibération, le conseil municipal s’est prononcé lundi soir contre cette cession, au motif que le contrat de vente du terrain s’oppose à une revente des biens par l’acquéreur avant la fin des travaux, sauf autorisation expresse de l’aménageur. « Après avoir entendu les différentes parties, après avoir sollicité des avis extérieurs et après avoir pris le temps de la réflexion, le conseil municipal ne souhaite pas qu’un accord soit donné par l’aménageur sur cette cession qui ne respecte pas le cadre légal du contrat initial », indique la délibération. Celle-ci rappelle que le conseil est « attaché au libre exercice des cultes, et respectueux du souhait de la communauté musulmane de disposer d’un lieu de culte digne permettant aux croyants de pratiquer leur religion ».

Un manque d’argent selon un proche de la mairie

« La cession de la future mosquée à un pays étranger ne correspond pas à la neutralité souhaitée pour la réalisation et le fonctionnement futur d’un tel équipement », poursuit-elle. En outre, selon une source proche de la mairie, les acquéreurs ne disposent pas des financements nécessaires à l’achèvement de la construction de l’édifice. « 2,5 millions ont été collectés et il manquerait encore 4,5 millions d’euros ».