Squat d'une maison à Théoule-sur-Mer : Le propriétaire souhaite que le procès « évite que ce problème arrive à d'autres »

JUSTICE Le couple qui avait occupé illégalement la résidence secondaire de retraités lyonnais comparait pour violation de domicile

Michel Bernouin

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La maison squattée se trouve à Théoule-sur-Mer, près de Cannes
La maison squattée se trouve à Théoule-sur-Mer, près de Cannes — Google Maps
  • Le 21 août, deux septuagénaires lyonnais apprenaient qu’un couple avec deux enfants avait pris possession de leur villa à Théoule-sur-Mer.
  • Les propriétaires avaient finalement pu récupérer leur bien le 8 septembre, après trois semaines de calvaire.
  • Le couple de squatteurs sera jugé pour violation de domicile ce mardi devant le tribunal correctionnel de Grasse après que l’affaire a entraîné le vote d’une nouvelle loi à l’Assemblée nationale.

Le procès des « squatters » de la maison d’un couple de retraités à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes) doit s’ouvrir ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Grasse. Les deux prévenus sont poursuivis pour violation de domicile. L’affaire avait eu un énorme retentissement médiatique à la fin de l’été.

Le 21 août, les deux septuagénaires lyonnais apprenaient qu’un couple avec deux enfants s’était installé depuis quelques jours dans leur maison de vacances, vouée à devenir leur résidence principale, près de Cannes. Les propriétaires avaient finalement pu récupérer leur bien le 8 septembre, après trois semaines de calvaire.

« C’est une honte ce qui nous est arrivé ! »

« J’espère que justice sera faite », confiait Henri Kaloustian à 20 Minutes, à la veille du procès. Le retraité, qui souffre de problèmes de santé, n’était pas certain, lundi, de pouvoir se rendre à l’audience. Mais il y sera représenté par un avocat. « J’attends de ce procès que le problème n’arrive pas à d’autres [propriétaires], que la loi fasse quelque chose, c’est une honte ce qui nous est arrivé ! »

Début octobre, l’Assemblée nationale a voté un nouveau dispositif contre les squatteurs, qui facilite leur expulsion d’une résidence secondaire. Le propriétaire du logement pourra saisir le préfet, qui aura quarante-huit heures pour répondre avant de mettre en demeure le ou les squatteurs de quitter les lieux. Cette procédure administrative se veut beaucoup plus rapide qu’un recours classique, qui peut prendre des années.

Près de deux mois après avoir récupéré son bien, Henri Kaloustian affirme qu’il n’a pas encore pu terminer la remise en état, « tellement c’est dégradé ».

La squatteuse était en situation de détresse sociale

Les squatteurs, qui n’étaient pas joignables, « n’ont aucun conseil pour le moment », indiquait le tribunal de Grasse à 20 Minutes lundi. Me Emilie Bender, spécialiste du droit des étrangers et qui représentait la prévenue fin août, n’est plus son avocate. Juste après que les Lyonnais ont réintégré leur villa, elle avait expliqué sur BFMTV que sa cliente se trouvait dans une situation de détresse sociale.

« Elle a un petit de sept mois, est enceinte de quatre mois et a un enfant d’un an et demi. Bien sûr, elle comprend tout à fait la situation du propriétaire. Mais elle se trouve aujourd’hui sans solution », déclarait-elle à l’époque.

La femme poursuit également son conjoint devant le tribunal ce mardi dans un autre procès. Le 7 septembre, une dispute avait éclaté entre eux. Et l’homme avait été interpellé par les gendarmes pour violences. Il est donc aussi poursuivi pour « menace de délit contre les personnes avec ordre de remplir une condition ».