Attentat de Conflans : L’imam de la mosquée de Pantin, fermée par Gérald Darmanin, se met « en retrait »

RADICALISATION La page Facebook de la mosquée a partagé la vidéo du parent d'élève contre la présentation des caricatures de Mahomet par Samuel Paty à des collégiens. L’imam de la mosquée de Pantin est accusé d’être « impliqué dans la mouvance islamiste »

F.H. avec AFP

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Un fidèle arrive à la mosquée de Pantin, le 20 octobre 2020.
Un fidèle arrive à la mosquée de Pantin, le 20 octobre 2020. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Pour « favoriser l’apaisement », l’imam de la mosquée de Pantin a annoncé dimanche sur Facebook se « mettre en retrait de [ses] activités ». Accusé par les autorités d’être « impliqué dans la mouvance islamiste », il justifie sa décision par souci « de l’intérêt des fidèles et de la pérennité » du lieu de culte. Celui-ci est fermé depuis mercredi pour « six mois » par ordre du ministre de l'Intérieur. Cette décision a été confirmée par le responsable de la mosquée et de la Fédération musulmane de Pantin, M’hammed Henniche.

La mosquée de Pantin est fréquentée par environ 1.300 fidèles et a été fermée par un arrêté délivré par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Ce lundi après-midi, le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) devait étudier le recours déposé par la Fédération musulmane de Pantin, opposée à cette fermeture.

Personnalité trouble de l’imam

Les autorités reprochent à cette mosquée d’avoir partagé sur sa page Facebook, le 9 octobre, une vidéo montrant le père d’une élève de 4e du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné par un cours sur la liberté d'expression dispensé les 5 et 6 octobre par Samuel Paty. Il livrait le nom de l’enseignant et celui de son établissement. Selon l’enquête en cours, il a échangé des messages avec le terroriste qui a décapité Samuel Paty.

Cette décision de fermeture s’appuie aussi sur les « liens avec le salafisme » qu’entretient la mosquée, sa fréquentation par « des personnes impliquées dans la mouvance djihadiste » et la personnalité trouble d’un imam, Ibrahim Doucouré, selon l’arrêté. « Impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France », formé pendant deux ans dans un « institut fondamentaliste » au Yémen, rapporte l’ordre de fermeture, cet imam a également scolarisé trois de ses enfants dans une école clandestine, à Bobigny.