Attentat à Conflans : Le Collectif contre l’islamophobie en France veut « s’internationaliser » pour éviter la dissolution

ISLAM Au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé son intention de dissoudre ce collectif

20 Minutes avec AFP

— 

Marwan Muhammad, directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). (Illustration)
Marwan Muhammad, directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). (Illustration) — Thomas Padilla/AP/SIPA

Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a annoncé lundi son intention d'« internationaliser » ses activités. Il espère ainsi éviter d’être dissous comme l'a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, accusant que le collectif d’aide et de défense des musulmans d’être « manifestement impliqué » dans le meurtre du professeur d’histoire des Yvelines.

Le CCIF dénonce depuis un amalgame et affirme que, s’il a bien été saisi par le père de famille accusé d’avoir orchestré la campagne contre Samuel Paty sur Internet, il n’a entamé « aucune action » faute d’avoir eu le temps de vérifier si cette affaire relevait de son champ de compétence.

« Du racisme antimusulman »

« Nous vivons cette annonce de dissolution comme un véritable déni politique et institutionnel du racisme antimusulman », écrit lundi le collectif dans un communiqué.

« Elle adresse un message terrible aux citoyens de confession musulmane : "vous n’avez pas le droit de défendre vos droits. Et l’association qui fait valoir les lois de notre démocratie pour vous assister dans le respect de vos libertés est désormais une cible" ».

S’assurer contre « toute tentative d’intimidation ou de déstabilisation »

En réaction, le CCIF a donc « activé un plan d’ampleur permettant de déployer une large partie de (ses) activités à l’étranger ». Ainsi, « non seulement la sécurité et la continuité des activités du CCIF seront assurées contre toute tentative d’intimidation ou de déstabilisation, mais elles seront également consolidées et renforcées par des moyens nationaux et internationaux », poursuit le collectif.

La procédure de dissolution, qui requiert un décret en Conseil des ministres, s’appuiera sur un « fondement double » incluant « ce qui touche à l’apologie du terrorisme et aux haines identitaires et religieuses » et « ce qui touche à l’ordre public », avait indiqué la semaine dernière le ministère de l’Intérieur.