Gironde : Une « visite domiciliaire » a été menée à la mosquée de Pessac et au domicile du président du rassemblement des musulmans

ENQUETE La « visite domiciliaire » effectuée lundi à la mosquée de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux, « n'a mené à rien », assure l'avocat du président du Rassemblement des musulmans de Pessac

Mickaël Bosredon

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Prière du vendredi dans une mosquée. Illustration.
Prière du vendredi dans une mosquée. Illustration. — K. Konrad - Sipa

Une perquisition par la police a été menée ce lundi matin, à la mosquée de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux. Celle-ci est gérée par le Rassemblement des musulmans de Pessac, qui aurait fait l’objet ces derniers temps de signalements, en raison de prêches proches des mouvements intégristes.

Cette « visite domiciliaire » visait à la fois la mosquée gérée par le Rassemblement des musulmans de Pessac et le domicile du président de cette association, Abdourahmane Ridouane, a indiqué ce dernier dans un post Facebook. « Cela s’inscrit dans le cadre des objectifs nationaux de demande de renseignement », a-t-on déclaré à la préfecture de Gironde.

« L'objectif de ces perquisitions est simplement de faire passer des messages »

Contacté par 20 Minutes, le parquet de Bordeaux n'avait pas davantage d'éléments à communique sur cette affaire, indiquant qu'il s'agissait « d'une visite domiciliaire dans un cadre administratif et non judiciaire. » Interrogé par 20 Minutes également, l'avocat du président de l'association, et représentant la mosquée de Pessac, Samim Bolaky, assure que « cette perquisition n'a mené à rien, et nous savions avant même de la réaliser qu'elle ne mènerait à rien. »

« Une dizaine de structures musulmanes ont fait l'objet de perquisitions depuis le 16 octobre, dans tous ces cas il n'y a jamais eu quoi que ce soit, ajoute l'avocat. On évoque pour justifier cela des notes des renseignements, sauf que ces notes ne sont pas d'actualité, dénonce-t-il encore. La plupart des mosquées ont un référent auprès des renseignements ou auprès du bureau des cultes de la préfecture, tout est très bien suivi. L'objectif de ces perquisitions est simplement de faire passer des messages, on est dans de la communication, même si on sait pertinemment qu'il n'y a ni radicalisation, ni armes, n terrorisme dans ces mosquées » ajoute Samim Bolaky.

Le Premier ministre Jean Castex avait expliqué vendredi que des contrôles étaient effectués auprès de responsables d'associations soupçonnés d'appartenir à la mouvance islamiste, après l'assassinat du professeur Samuel Paty. « 123 visites domiciliaires ont été décidées et 56 ont d'ores et déjà été réalisées », avait alors déclaré le Premier ministre.