Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : « Nous n’échapperons pas à une deuxième vague », estime le directeur de l’ARS

EPIDEMIE La région a été davantage épargnée que d'autres ces dernières semaines mais les indicateurs dont disposent l'ARS Nouvelle Aquitaine laissent présager une dégradation de la situation dans la quinzaine de jours à venir

Elsa Provenzano

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Illustration d'une unité de réanimation à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux.
Illustration d'une unité de réanimation à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • Une dégradation de la situation sanitaire est attendue en Nouvelle-Aquitaine dans les prochaines semaines, au vu de l’augmentation du nombre d’hospitalisations.
  • Les services de réanimation ne sont pas encore débordés mais s’attendent à l’être très prochainement.
  • L’ARS estime que le comportement des habitants en novembre sera déterminant pour la période de Noël.

C’est un peu le calme avant la tempête. L’épidémie de Covid-19, mieux contenue en Nouvelle-Aquitaine que dans d’autres régions ces dernières semaines, pourrait gagner du terrain prochainement. « Même si les services de réanimation ne sont pas saturés, on observe une forte augmentation des hospitalisations en médecine conventionnelle, explique ce lundi Benoît Ellebode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. L’impact, maintenant bien connu, aura lieu dans deux semaines environ et à ce moment-là notre système de soins sera fortement sollicité ».

Alors que ce week-end, les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Vienne ont rejoint les départements placés sous couvre-feu, le directeur de l’ARS estime que « nous n’échapperons pas à une deuxième vague qui commence à se profiler ». Les taux d’incidence augmentent de façon très marquée dans certains autres départements aussi comme la Dordogne, les Deux-Sèvres et la Vienne. A Bordeaux, le taux d’incidence est élevé mais stable et l’augmentation commence à être importante. « On a décalé les choses, mais cela arrive partout, y compris à Bordeaux », pointe-t-il.

La situation pour Noël se joue ces prochaines semaines

Le message de l’autorité sanitaire à la population, saluée pour sa discipline en matière de gestes barrières depuis le début de l’épidémie, reste le même, pour ménager au maximum les services hospitaliers régionaux. Sans pouvoir endiguer le virus, l’objectif des autorités sanitaires reste d’étaler les conséquences de l’épidémie de Covid-19 dans le temps. « Les efforts fournis au mois de novembre détermineront la situation qu’on aura à Noël », pointe Benoît Ellebode.

En Nouvelle-Aquitaine, on dispose de 535 lits de réanimation et il est possible de mobiliser 150 lits supplémentaires dans les prochaines semaines, en déprogrammant des opérations. Vendredi et ce lundi, 16 patients venus de Rhône-Alpes Auvergne, ont été pris en charge dans des services de réanimation néoaquitains. « Aujourd’hui on n’est pas inquiets sur les capacités de réanimation en Nouvelle-Aquitaine mais l’expérience d’autres régions nous montre que le remplissage peut se faire très vite », clarifie le directeur de l’ARS.

Les transferts de patients d’autres régions ne seront sûrement plus soutenables assez rapidement. « Dans une semaine, ce ne sera peut-être plus possible sans handicaper nos propres capacités de réanimation, ajoute-t-il. On verra en fonction des indicateurs mais on observe que le taux d’hospitalisation augmente de façon très importante ».

26 % des clusters identifiés dans la bulle sociale

En Nouvelle-Aquitaine, 28 % des clusters identifiés ont émergé dans le milieu scolaire et de la petite enfance, 20 % dans les Ehpad, 15 % en entreprises et 26 % lors d’activités de la vie sociale (sphère privée, sport etc.) Une plateforme régionale animée par 160 étudiants en médecine a appelé 228.000 personnes testées positives et leurs cas contacts depuis le début de l’épidémie. Ils les incitent à s’isoler et peuvent donner des appuis en cas de besoin (portage de repas par exemple).