Lot : A Duravel, ne cueille pas les champignons qui veut… Et gare aux resquilleurs

C'EST PERMIS Après avoir été confrontés à des problèmes avec des cueilleurs de champignons, les propriétaires des bois de Duravel, dans le Lot, ont mis en place une réglementation

Béatrice Colin

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Un cèpe dans un sous-bois (illustration).
Un cèpe dans un sous-bois (illustration). — silviarita / Pixabay
  • A Duravel, dans le Lot, la cueillette des champignons est soumise à la détention d’un permis.
  • L’association Duravel Nature a décidé de mettre en place une réglementation pour éviter de voir les bois envahis par des cueilleurs peu scrupuleux.
  • Depuis, seuls deux procès-verbaux ont été dressés et les sous-bois ont retrouvé leur quiétude.

Après pas mal de pluie, les récents rayons de soleil ont poussé les amateurs de champignons à enfiler leurs bottes. Et partir scruter les sous-bois à la recherche de cèpes et autres girolles. Les «  coins à champignons » sont renommés, mais il y a un endroit dans le département du Lot où pour sortir son panier de cueillir, il faut y être autorisé.

« Le bois de Duravel a des essences riches qui facilitent la pousse des cèpes. Il est connu et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés avec des cueilleurs qui venaient faire leur marché des départements alentour, parfois de Toulouse et Bordeaux. Il y avait des voitures les unes derrière les autres, des propriétaires de bois ont même été menacés », se rappelle Henry Radet, président de Duravel Nature.

Pas question pour les habitants et propriétaires des 800 hectares de bois de laisser perdurer la situation. Il y a huit ans, l’association qui était en sommeil est sortie de sa léthargie pour prendre les choses en main. Avec l’aval de la préfecture et du procureur de la République, elle a établi un règlement sur les modalités de cueillette et mis en place un système de permis.

80 permis délivrés

« La quarantaine de propriétaires des bois en possède ainsi qu’une quarantaine d’habitants de la commune, pour perpétuer la tradition. Cela respecte la Loi qui dit que le produit du sol appartient à son propriétaire, et cela vaut aussi pour les châtaignes », explique Henri Radet.

Et pour faire respecter cette réglementation, un système de garderie a été validé par le préfet et trois personnes sont habilitées à dresser des PV si elles tombent sur des resquilleurs qui n’auraient pas vu la multitude de panneaux qui ceinturent les bois. En huit ans, deux personnes ont été verbalisées.

Depuis, les habitants ne voient plus débarquer des voitures pleines à craquer de cueilleurs qui, après avoir fait une razzia dans leurs bois, repartaient vendre girolles et autres champignons sur les marchés. « On ne retrouve plus non plus nos bois dévastés par leurs passages et nous avons même pu voir réapparaître des variétés qui avaient disparu », insiste Henri Radet qui organise régulièrement des actions auprès des écoles pour parler de ce patrimoine.

Depuis la mise en place de ce permis, il a été sollicité à de nombreuses reprises par des mairies de Lozère ou d’Aveyron, qui, envahies à l’automne, aimeraient bien aussi appliquer ce type de règlement en place.