Mort de Rémi Fraisse : Six ans après, à Sivens, ils se mobilisent pour une autre agriculture

HOMMAGE Une journée de commémoration et de lutte a lieu ce dimanche sur la zone du Testet, à Sivens, où est mort Rémi Fraisse il y a six ans, tué par une grenade offensive lancée par les forces de l'ordre

Béatrice Colin

— 

Sur le site du projet de barrage de Sivens, un hommage à Rémi Fraisse.
Sur le site du projet de barrage de Sivens, un hommage à Rémi Fraisse. — F. Scheiber / SIPA
  • Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, un militant écologiste, décédait après avoir été touché par une grenade offensive lancée par un gendarme à Sivens.
  • Ce dimanche, six ans après, une journée de commémorations est organisée sur le site de sa mort, sur la zone du Testet.
  • Les organisateurs veulent dénoncer la violence d’Etat et s’opposer au nouveau projet de retenue d’eau.

« Il y a six ans, sur la zone humide de Sivens l’État a tué. Ce 26 octobre Rémi aurait eu 27 ans ». C’est ainsi que débute l’appel à commémorer ce dimanche sur la zone du Testet, dans le Tarn, le sixième anniversaire du décès de Rémi Fraisse.

Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, en pleine mobilisation contre la création d’un barrage sur le Tescou, ce jeune botaniste, bénévole au sein de l'association Nature Midi-Pyrénées, était tué par une grenade offensive lancée par un gendarme.

Au cours des six dernières années, la famille du jeune militant s’est lancée dans un combat judiciaire pour que les responsabilités soient établies. Mais en janvier dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a confirmé le non-lieu en faveur du militaire à l’origine du tir de grenade. Et tout espoir d’un procès pour ses proches s’est éloigné.

Ce dimanche, le collectif des « habitant.e.s d’ici et d’ailleurs », qui appelle à manifester sur le site, se mobilise contre la violence de l’Etat en général. Mais aussi « pour empêcher que l’État ne réalise son projet : creuser un barrage sur les lieux de la mort de Rémi ».

Une nouvelle retenue d’eau en projet

Car si la version initiale du barrage de Sivens a été abandonnée, une nouvelle retenue d’eau, moins importante, a vu le jour dans le cadre du projet de territoire de la vallée du Tescou. Un projet sur lequel, agriculteurs et militants écologistes ne sont toujours pas d’accord et qui a fait l’objet d’une mobilisation des deux camps il y a un mois.

« Nous sommes aussi ici parce que l’heure n’est plus au gaspillage de l’eau, mais à la conversion de l’agriculture à l’agroécologie. Les territoires que nous habitons sont nos biens communs ! Ils n’appartiennent pas plus à nos élus qu’aux lobbys de l’eau ou de l’agrobusiness », plaident les militants qui se retrouveront sur le site pour pique-niquer et rendre hommage à Rémi Fraisse.