On passe à l’heure d’hiver ce week-end et « ce n’est pas la dernière fois »

TIC-TAC Dans la nuit de samedi à dimanche, il faudra reculer son horloge d’une heure. Si l’arrêt de ces changements d’heure était initialement prévu en Europe en 2021, l’application de cette mesure a pris du retard

Béatrice Colin

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Des réveils (Illustration).
Des réveils (Illustration). — Rudy and Peter Skitterians / Pixabay
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, on passe à l’heure d’hiver, il sera temps de reculer sa montre d’une heure.
  • Ce changement saisonnier d’heure aurait dû être le dernier après un vote l’an dernier des députés européens. Mais la question est finalement loin d’être tranchée.
  • L’heure d’été reste la plus plébiscitée par les Français, ses défenseurs comme Olivier Fabre, le maire de Mazamet, y voyant de nombreux avantages.

Cela aurait dû être le dernier changement d'heure du siècle, la dernière fois que l’on se pose la question de savoir si l’on doit avancer ou reculer sa montre, son réveil et les dix horloges de la maison. Ce week-end, les Français passent en effet à l'heure d'hiver, à 3 heures du matin il sera en fait 2 heures.

L’an dernier, les députés européens avaient entériné la suppression de cette mesure saisonnière en 2021 dans toute l’Union européenne.

Mais voilà, la crise sanitaire est passée par là et le Conseil des ministres européen reste lui divisé, certains pays n’étant pas favorables à l’heure d’été, pourtant plébiscité à 84 % par 4,6 millions de citoyens européens (sur 448 millions d’habitants) ayant répondu à une grande consultation lancée en 2019.

« Le dossier avait déjà pris du retard avant le Covid car il y a une difficulté à trouver un consensus. Le système actuel permet en effet d’avoir le même fuseau horaire de l’Espagne à la Pologne, ne plus changer d’heure entraînerait la création de plus de fuseaux horaires en Europe. Au vu du contexte, je doute que cela soit une priorité. A mon avis on va continuer à changer d’heure encore longtemps, ce n’est pas la dernière fois », indique Olivier Fabre, qui remet les pendules à l’heure.

Le maire de Mazamet, dans le Tarn, est aussi le coprésident de l’association européenne pour l’heure d’été, décalée de deux heures par rapport au soleil. En particulier en cette période compliquée.

Avantages économiques et environnementaux

« Avec le couvre-feu, on voit l’intérêt d’avoir de la luminosité plus tard le soir. Les secteurs touchés par la crise sont étroitement liés à l’heure d’été, que ce soit le tourisme, l’hôtellerie ou encore l’aviation. Tout un tas de destinations perdraient de leur attrait sans un passage à l’heure d’été », plaide ce responsable qui est favorable au cas par cas au niveau de l’Europe.

Pas question de plonger ainsi certains pays trop tôt dans le noir ou d’avoir des levers de soleil trop précoces. « On peut comprendre l’argument de maintenir le changement dans certains pays », assure-t-il.

Mais pour la France, il voit surtout des avantages à rester en heure d’été. Parmi eux, les questions de sécurité routières, des études belges ayant montré depuis longtemps que les accidents étaient plus nombreux à la tombée de la nuit que le matin, au lever du soleil. Pour les personnes qui travaillent tôt, notamment les ouvriers sur les chantiers, il fait plus frais le matin en été.

Et côté environnement, si on gardait l’heure d’hiver toute l’année, on serait obligé de faire appel encore plus souvent au chauffage sur les terrasses, lorsque c’est autorisé. « S’il y a une solution à écarter, c’est celle du maintien à l’année de l’heure d’hiver. En France, le choix est clair, la consultation de l’Assemblée nationale l’a démontré avec près de 60 % d’avis favorable pour l’heure d’été », poursuit Olivier Fabre.