Attentat à Conflans : Castex veut punir la publication en ligne d’informations menaçant la vie d’autrui

HAINE EN LIGNE Cinquante-six visites domiciliaires et 27 interpellations ont eu lieu après des signalements de contenus en ligne, a également annoncé le Premier ministre

20 Minutes avec AFP

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Jean Castex a annoncé que 27 personnes avaient été interpellées après la publication de messages de soutien au terroriste de Conflans (Illustration)
Jean Castex a annoncé que 27 personnes avaient été interpellées après la publication de messages de soutien au terroriste de Conflans (Illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Jean Castex a annoncé lors d’une conférence de presse ce vendredi deux nouvelles mesures ajoutées à la loi contre les séparatismes pour lutter contre la haine en ligne. Le Premier ministre a ajouté que la police avait procédé à 56 visites domiciliaires et 27 interpellations à la suite de signalements contenus en ligne, après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

Jean Castex a annoncé deux nouvelles dispositions dans le projet de loi contre les séparatismes : la possibilité de sanctionner « ceux qui mettent en ligne des informations personnelles » menaçant « la vie d’autrui » et de « pénaliser ceux qui font pression » sur les fonctionnaires, « comme cela s’est produit à Conflans à l’encontre de M. Paty et de la proviseure du collège », a ajouté le ministre. Ces deux propositions figureront dans le texte qui sera présenté en Conseil des ministres le 9 décembre.

La plateforme Pharos renforcée

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, a été tué dix jours après avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Il avait été la cible des réseaux sociaux et d’une mobilisation en ligne.

« 123 visites domiciliaires ont été décidées et 56 ont d’ores et déjà été réalisées », a ajouté le Premier ministre. « 1.279 signalements à la plateforme Pharos, service spécialisé chargé du recueil des signalements illicites sur Internet, ont permis 27 interpellations », a-t-il ajouté. Cette vaste opération de contrôles avait été annoncée par l'Elysée.

« La surveillance des réseaux sociaux et la lutte contre la haine en ligne seront intensifiées », a encore promis Jean Castex en assurant que Pharos serait « renforcée sans délai en termes d’effectifs ». « Et un pôle spécialisé au sein du parquet de Paris sera créé pour centraliser les poursuites et donc en améliorer l’efficacité », a-t-il poursuivi. Le sujet des contenus terroristes en ligne doit s’inviter à un rendez-vous entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et Jean Castex ce vendredi après-midi à Bruxelles.