Bruno Le Maire veut obliger les associations cultuelles à déclarer leurs financements étrangers

RELIGION Actuellement, ces financements sont contrôlés par les services de renseignement, mais il n’y a pas d’obligation de déclaration

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 20 octobre 2020 à l'Assemblée.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 20 octobre 2020 à l'Assemblée. — AFP

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a indiqué ce vendredi qu’il voulait rendre obligatoire la déclaration des financements étrangers reçus par les associations de culte, afin de mieux lutter contre le financement de « l’islam politique ».

« Je propose que désormais toute somme venue de l’étranger, à partir d’un certain montant, lorsqu’elle va vers une association cultuelle, soit déclarée obligatoirement en préfecture, pour qu’elle soit contrôlée », a déclaré le ministre sur Europe 1. Actuellement, ces financements sont simplement « contrôlés par les services de renseignement mais ne sont pas obligatoirement déclarés », a-t-il expliqué.

Contrôler les cartes vendues dans les bureaux de tabac

Par ailleurs, il souhaite rendre obligatoire « l’identification » des personnes qui achètent des cartes de paiement prépayées accessibles dans les bureaux de tabac. « Il faut que nous soyons aussi méticuleux, précis et obstinés que nos adversaires », a défendu Bruno Le Maire. Le ministre souhaite aussi responsabiliser les plateformes numériques sur lesquelles s’expriment des messages haineux ou d’appel à la violence.

L'idée est qu’elles puissent être « poursuivies et condamnées à une amende lourde », par exemple « jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires mondial », si elles ne retirent pas « sans délai les messages de vengeance ciblant directement nos compatriotes », a-t-il proposé dans un entretien au Figaro.

Le Maire dénonce les « petits renoncements »

Une semaine après le meurtre du professeur Samuel Paty, le ministre a aussi vivement dénoncé « tous ceux qui aujourd’hui soutiennent, excusent l’islam politique ». Ils « sont complices de la volonté de cet islam politique d’abattre la nation française », a-t-il jugé. « Les élus locaux qui tolèrent les ouvertures différenciées de piscines, des comportements qui ne sont pas respectueux de nos règles républicaines, par leur lâcheté, par leurs petits renoncements, par leurs accommodements raisonnables, dans le fond ne cessent d’alimenter l’islam politique », a-t-il dénoncé.

Dans son entretien au Figaro, il a aussi cité explicitement « certains partis politiques, comme La France insoumise ou une fraction des Verts qui relaient les discours sur l’islamophobie par calcul ou par idéologie », ainsi que « certains syndicats étudiants comme l’Unef » ou encore « les complicités » avec « tous les Etats qui abritent, soutiennent ou financent les Frères musulmans ».