Coronavirus : Stagiaires et alternants à l’épreuve de la crise sanitaire

GENERATION 2000 « Difficile d’avoir 20 ans en 2020 » et de devoir trouver un stage ou une alternance en entreprise

Mikaël Libert

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Des étudiants dans une salle de TD à L'université de Lille (illustration).
Des étudiants dans une salle de TD à L'université de Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », a déclaré Emmanuel Macron, lors de son allocution du 15 octobre. 20 Minutes l’a pris au mot en explorant plusieurs pans de la vie des jeunes.
  • Pour bon nombre d’étudiants, trouver un stage ou une alternance est une galère. Mais certains s’en sortent mieux en fonction de leur cursus ou grâce aux aides de l’Etat.

Dur dur d’être étudiant. Le président de la République, Emmanuel Macron, l’a reconnu, c’est « difficile d’avoir 20 ans en 2020 » en raison de la crise du coronavirus. Déjà privés de bars depuis quelques semaines et de fêtes à domicile avec le couvre-feu, les étudiants de la métropole lilloise galèrent aussi dans leurs études. Outre les cours en présentiel en mode masque ou à distance avec plus ou moins de réussite, les jeunes ont parfois dû batailler ferme pour dégoter un stage ou une alternance. Pour certains, décidément, 2020 est une année à oublier.

S’il n’est nulle part écrit que l’accueil de stagiaires est proscrit, dans les faits, cela reste compliqué. La crise du coronavirus a vidé bon nombre d’entreprises de leurs salariés, soit parce qu’ils sont malades soit parce qu'ils sont en télétravail, et il ne reste parfois personne pour prendre en charge un stagiaire. A 20 Minutes, impossible d’accueillir des aspirants journalistes en raison des mesures sanitaires et de la difficulté pour les tuteurs de les suivre en étant régulièrement en home office.

La persévérance finit par payer

« J’ai commencé à chercher un stage début septembre en envoyant je ne sais même plus combien de CV et de lettres de motivation à des médias situés à Lille, mais aussi à Paris et Lyon », explique Camille Ruiz, en troisième année de licence à l’Académie de l’école supérieure de journalisme de Lille. Son CV ne posait « pas problème », 20 Minutes l’a reçu et on peut vous assurer il est béton. « Quand j’obtenais des réponses, les entreprises me disaient qu’elles prenaient moins voire pas de stagiaire à cause de la crise sanitaire », poursuit la jeune femme de 20 ans. Parce qu’elle n’a pas baissé les bras, Camille est parvenue à gratter cinq jours, fin décembre, à la locale de Villeneuve-d’Ascq chez nos confrères de la Voix du Nord.

Dans un tout autre domaine, Sarah Dias, 20 ans, a bien ramé elle aussi. « Dès le mois de juin je me suis mise à chercher un contrat en alternance pour en trouver finalement un début septembre », se souvient cette étudiante en BTS Négociation et digitalisation de la relation client. Elle non plus ne se souvient pas du nombre de demandes envoyées, essentiellement via Internet : « Franchement, j’ai eu envie d’abandonner parce que la plupart du temps, personne ne répondait », reconnaît-elle. Son alternance, elle l’a obtenue au sein d’une salle de sport. « Sauf qu’elle a dû fermer et je me retrouve aujourd’hui en chômage partiel », déplore Sarah.

Des secteurs demandeurs et des aides de l’Etat

Pour autant, tout n’est pas noir pour tout le monde. Les étudiants en médecine, pharmacie ou odontologie de l’université de Lille, par exemple, n’ont eu aucun mal à dégoter des stages dans les hôpitaux de la région. Idem du côté des alternants de l’école universitaire de management (IAE) de Lille. « En fait, malgré la crise, on arrive bien à placer les étudiants en alternance ou en contrats pro », assure Sabine Westeel, en charge du service des relations avec les entreprises. Son secret vient en fait de l’Etat : « Le gouvernement verse une prime de 8.000 euros aux entreprises pour chaque alternant majeur embauché. Il ne reste quasiment rien à leur charge », poursuit-elle.

Pour les stages, qui s’effectuent habituellement entre avril et mai, cela risque d’être plus compliqué. « L’année dernière, nous avons rendu les stages facultatifs. Certains étudiants en ont tout de même trouvé mais pas tous, loin de là », remarque Sabine Westeel. C’est d’ailleurs la solution retenue par le gouvernement pour les stages de troisième qui ne seront pas obligatoires cette année.