Agression à la Tour Eiffel : Une seconde suspecte interpellée, le parquet de Paris retient le caractère raciste de l’agression

ENQUETE Deux femmes, suspectées d’avoir agressé à l'arme blanche deux femmes voilées dimanche soir, dans le 7e arrondissement de Paris, vont être présentées ce mercredi à un juge d’instruction

Thibaut Chevillard

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Une voiture de police à Paris, le 24 mars 2020. (illustration)
Une voiture de police à Paris, le 24 mars 2020. (illustration) — PHILIPPE LOPEZ / AFP

Trois jours après l'agression de deux femmes à l'arme blanche à proximité de la Tour Eiffel, dans le 7e arrondissement de Paris, les circonstances des faits semblent se préciser. Après l'identification d'une première suspecte dimanche, une seconde femme a été interpellée, indique le parquet à 20 Minutes. A l'issue de leur garde à vue, toutes deux ont été présentées ce mercredi à un juge d’instruction en vue de l’ouverture d’une information judiciaire du chef de violence volontaire.  Elles sont suspectées d’avoir grièvement blessé deux femmes qui se promenaient, dimanche en fin d’après-midi, près du Champ-de-Mars, et d’avoir proféré au moins une insulte à caractère raciste.

Tout a commencé vers 20h, lorsque les deux victimes ont été importunées par des chiens non tenus en laisse. Un différend a alors éclaté avec les deux propriétaires des animaux, deux femmes fortement alcoolisées. L’une d’elle a alors porté des coups de couteau aux victimes avant de prendre la fuite. Plus tard, sa complice est retournée sur les lieux où elle a été interpellée avant d’être placée en garde à vue. Une enquête a été ouverte, confiée au commissariat du 7e arrondissement. La principale suspecte a depuis été arrêtée.

Le caractère raciste de l'agression retenu

Les victimes ont été transportées à l’hôpital en urgence absolue, sans que leur pronostic vital ne soit engagé. Rapidement, le récit de cette agression fait le tour des réseaux sociaux. « Hier soir sur le Champs de Mars, au pied de la Tour Eiffel, deux femmes se sont fait poignarder, elles portaient le foulard. Elles seraient aujourd’hui dans un état critique », a notamment dénoncé un internaute sur Facebook, dans un post partagé plusieurs centaines de fois depuis sa publication lundi.

Dans un premier temps, les enquêteurs n’avaient en leur possession « aucun élément ne permet d’accréditer la thèse d’un mobile raciste ou lié au port du voile », nous indiquait mardi une source judiciaire. Mais ce mercredi, le parquet fait savoir qu’il retient finalement le caractère raciste de l’agression, ce qui constitue une circonstance aggravante.

Interrogée par Libération, l’une des victimes a assuré avoir été traitée de « sale arabe » par les suspectes.