Coronavirus en Auvergne Rhône-Alpes : Des médecins appellent « à l’union nationale » car « la situation est grave »

PETITION Cet « appel » aux concitoyens, accompagné d’une pétition, a été lancé par plusieurs médecins d’Auvergne Rhône-Alpes, dont le président de la commission médicale des Hospices civils de Lyon

Elisa Frisullo

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Le personnel soignant du service réanimation au CHU de Bordeaux. Illustration
Le personnel soignant du service réanimation au CHU de Bordeaux. Illustration — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Des médecins hospitaliers, du public, du privé, des Ehpad et de ville ont lancé un appel « à l’union nationale » pour lutter au mieux face au Covid-19.
  • Un message, sous forme de pétition, adressé à la fois au grand public mais aussi à la communauté médicale et scientifique, à l’heure où les « polémiques » et « clivages » viennent semer la confusion, selon les premiers signataires.
  • La pétition a recueilli des centaines de signatures pour l’heure.

Une initiative rarissime. Alors que dans plusieurs régions, les hôpitaux se remplissent et que certains services de réanimation débordent de nouveau face à l'épidémie de coronavirus, des médecins d’Auvergne Rhône-Alpes, parmi lesquels Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement des Hospices civils de Lyon,​ ont lancé lundi « un appel à l’union nationale ».

Un texte signé par plusieurs praticiens et mis en ligne sous forme d'une pétition, destinée à alerter et à mobiliser le grand public face à « cette seconde vague épidémique ». Mais également à faire cesser les « clivages » observés ces derniers mois au sein de la communauté médicale et scientifique.

« La situation est grave. Il faut nous croire »

« Nous accueillons chaque jour un déferlement de patients atteints du Covid-19 dans nos cabinets et nos hôpitaux. Nous accompagnons chaque jour des patients dont l’état de santé se dégrade. Des patients qui meurent. Des familles et des proches endeuillés », soulignent les premiers signataires, médecins hospitaliers du public, du privé, des Ehpad et établissements médicaux sociaux, généralistes et spécialistes de ville. Ils soulignent la fatigue et l’inquiétude des équipes médicales et paramédicales dans leurs services, marqués par la première vague, et la mobilisation de chacun pour venir en aide aux patients d’autres pathologies « qui ont aussi besoin de nous et de la mobilisation du système de santé ».

« La situation est grave. Il faut nous croire », insistent les médecins lyonnais, grenoblois, stéphanois, dont la pétition a été signée en quelques heures par près de 500 personnes, soignants et citoyens. Leur message résonne comme un appel à une prise de conscience collective à l’heure où, comme en Rhône-Alpes, la population est soumise à de multiples contraintes, dont le couvre-feu, pour limiter la propagation du virus et où la désunion des médecins, chercheurs ou politiques est forte.

« Nous n’avons pas besoin de polémiques sur les mesures gouvernementales, nous n’avons pas besoin de clivages et de propos haineux qui sèment le doute dans l’esprit de nos concitoyens, nous n’avons pas besoin de tribunes bien-pensantes opposant indûment la liberté et la science », déplorent-ils. Les premiers signataires rappellent la nécessité de respecter les gestes barrières et les mesures de protection pour faire barrage à ce virus « mortel » et soutenir ainsi l’action des personnels mobilisés auprès des malades. « Nous avons besoin d’union nationale. Est-ce si difficile ? », concluent-ils.