Attentat à Conflans : Le Conseil de défense décide de contrôler les auteurs de 80 messages de soutien au terroriste

TERRORISME Une vaste opération de contrôles des personnes ayant publiquement soutenu l'assaillant sur les réseaux sociaux a été annoncée par l'Elysée

20 Minutes avec AFP

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Le gouvernement a annoncé une série de mesures à la suite de l'attentat contre Samuel Paty
Le gouvernement a annoncé une série de mesures à la suite de l'attentat contre Samuel Paty — Bertrand GUAY / AFP

L’Elysée avait promis des mesures « concrètes » à l’issue du conseil de défense présidé par Emmanuel Macron ce dimanche soir. Dès lundi, les auteurs de 80 messages de soutien au terroriste, Abdoullakh Anzorov, un jeune Tchétchène de 18 ans, seront contrôlés, a indiqué la présidence. « Depuis vendredi, Pharos (la plateforme de signalement) a identifié 80 messages qui soutiennent l’action de l’agresseur. Ils donneront lieu dès demain (lundi) à des procédures diligentées par la police ou la gendarmerie », comme des convocations ou des perquisitions à domicile, a indiqué la présidence.

Le chef de l’Etat entouré de six de ses ministres et du procureur antiterroriste, Jean-François Ricard, a également annoncé, au surlendemain de l'assassinat de Samuel Paty, enseignant dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, le renforcement de la sécurité des établissements scolaires et de leur environnement pour la rentrée du 2 novembre, avec des mesures devant être arrêtées d’ici quinze jours. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ont ensuite présenté « un plan d’action qui va se mettre en œuvre dès le courant de la semaine et donnera lieu à des actions concrètes contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés », qui propagent des appels à la haine pouvant encourager les attentats.

Le projet de loi sur le séparatisme pourrait être « enrichi »

Une liste d’associations feront l’objet de « mesures appropriées » après contrôles, en attendant le projet de loi contre l'islam radical qui doit étendre les motifs de dissolution d’associations. L’Elysée n’a pas précisé si le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), l’un des mouvements dans le viseur des services de renseignement, en faisait partie.

Le président de la République a par ailleurs demandé aux ministres de la Justice, de l’Intérieur et de l’Education de réfléchir à des mesures qui pourraient « enrichir ou améliorer » ou encore « parachever » le projet de loi, qui doit toujours être présenté le 9 décembre après avoir été envoyé dans une quinzaine de jours au Conseil d’Etat. « Nous ne sommes pas dans l’ajout, la surcharge ou l’émotion mais dans un travail de fond », s’est défendu le chef de l’Etat, mais quand survient un tel événement il est nécessaire de faire un « retour d’expérience » pour identifier ce qui peut être amélioré, selon ses propos rapportés par l’Elysée. Emmanuel Macron a aussi « voulu vérifier que la remontée d’information » sur les incidents en milieu scolaire « était bien organisée » au sein de l’Education nationale et avait bien eu lieu pour l’enseignant de Conflans.

L’Elysée a aussi promis la mise en place d'un «contre-discours» aux propos inexacts ou la propagande radicalisée, en citant l’exemple du discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux qui a été « dévoyé » dans certains pays pour le présenter comme une « croisade anti-musulmans ».