Attentat à Conflans: Qui est Abdelhakim Sefrioui, le militant islamiste qui fait partie des gardés à vue?

TERRORISME Figure de l’islamisme radical, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné le père d’une élève au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine pour demander le renvoi de la victime

20 Minutes avec AFP

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Abdelhakim Sefrioui, ici lors d'une manifestation pro-Gaza, fait partie des onze personnes placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Conflans.
Abdelhakim Sefrioui, ici lors d'une manifestation pro-Gaza, fait partie des onze personnes placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Conflans. — MIGUEL MEDINA / AFP

Militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui fait partie des 11 personnes placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué ce vendredi dans les Yvelines.

Interpellé samedi à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine le père d’une élève, pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Déterminer son rôle dans l’attentat

Figure de l’islamisme radical, Abdelhakim Sefrioui se présente comme « membre du Conseil des imams de France ». Il avait diffusé il y a quelques jours sur YouTube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur.

Dans cette vidéo tournée par le père de l’élève qu’il avait accompagné au collège, Abdelhakim Sefrioui y déclare notamment que l’enseignant « est un voyou » et que le chef de l’Etat « Emmanuel Macron a attisé la haine contre les musulmans ».

Aujourd’hui, les enquêteurs tentent de déterminer le rôle qu’a pu jouer le militant islamiste dans cet attentat, lui qui a publiquement mis en cause le professeur sur les réseaux sociaux.

A la tête d’un collectif islamiste radical

Abdelhakim Sefrioui n’est pas un inconnu pour des services antiterroristes français, puisqu’il est fiché S depuis plusieurs années. En 2004 déjà, il menait des actions dans la rue Jean-Pierre-Timbaud à Paris, réputée pour être un bastion de l’islam rigoriste, en faveur de « la liberté des femmes de porter le voile ». La même année, il fonde le collectif Cheikh Yassine (du nom du fondateur du Hamas, tué par l’armée israélienne en 2004). Il organise par ailleurs durant des mois des manifestations devant la mosquée de Drancy, où officie Hassen Chalghoumi, l’imam de cette mosquée, et s’en prend régulièrement au recteur de la grande mosquée de Paris d’alors, Dalil Boubakeur.

En 2006, il a également rejoint le bureau de campagne de Dieudonné en 2006, quand ce dernier préparait sa candidature à l’élection présidentielle.

En juillet 2014, il avait participé à Paris à des manifestations pro-Gaza, en scandant des slogans à la gloire du Hamas et du djihad islamique.