Un restaurant à Paris juste après le début du couvre-feu, le 17 octobre 2020.
Un restaurant à Paris juste après le début du couvre-feu, le 17 octobre 2020. — Lewis Joly/AP/SIPA

MESURES SANITAIRES

Couvre-feu : Le confinement nocturne a démarré pour presque 20 millions de Français

De 21 heures à 6 heures, les habitants d’Ile-de-France et des métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix Marseille, Rouen et Grenoble ne peuvent plus sortir

« Il est 21 heures. Merci de rentrer chez vous ». Le couvre-feu mis en place par le gouvernement pour enrayer la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus a débuté samedi soir. Près de 20 millions d’habitants se sont pliés à cette nouvelle obligation. Ce confinement nocturne, jusqu’à 6 heures du matin, concerne les habitants d’Ile-de-France et des métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix Marseille, Rouen et Grenoble.

Pour l’instant, la mesure semble respectée. « Il est 21 heures et il n’y a plus personne. La situation est quasi propre », a ainsi constaté le commissaire Patrick Caron, de la DOPC (La Direction de l’ordre public et de la circulation), en patrouille aux abords du Quartier latin, à Paris. « Avec l’expérience du confinement, je suis relativement optimiste. On l’a vu, le Parisien est respectueux ».

Une mesure bien respectée

Le sentiment est le même à Lille. « Le couvre-feu est plutôt bien respecté et les personnes qui doivent être dehors après 21 heures ont le réflexe de l’attestation », s’est félicité samedi soir le préfet du Nord Michel Lalande, s’exprimant près de la gare Lille-Flandres, quasi déserte. Le Directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Papineau, a lui aussi évoqué « des règles très bien observées et des manquements très marginaux ».

Sont exemptées de couvre-feu, les personnes qui rentrent du travail ou d’un lieu d’études ou s’y rendent, font valoir un impératif de santé, doivent rendre visite à un proche en situation de dépendance, garder des enfants, répondre à une convocation judiciaire ou promener leur animal de compagnie. Sur le chemin ou à la sortie des gares et aéroports, les billets d’avion et de train feront foi. Comme pendant le confinement au printemps, les personnes sortant pendant le couvre-feu doivent se munir d’attestations de déplacements (à imprimer ou télécharger sur téléphone). Tout contrevenant s’expose à une amende de 135 euros puis, en cas de double récidive (trois fraudes au total), à six mois de prison et 3.750 euros d’amende.

Au minimum quatre semaines

Quelque 12.000 policiers et gendarmes, auxquels s’ajoutent les équipes de police municipale, doivent être déployés pour faire respecter les nouvelles règles. Les policiers ont toutefois été invités à faire preuve de « pédagogie » et de « discernement », en évaluant « la bonne ou la mauvaise foi » des personnes contrôlées, selon une source policière. Prévu pour au moins quatre semaines, le couvre-feu pourrait être étendu si l’épidémie ne donne pas de signe d’accalmie. Le président Macron a déjà évoqué la date du 1er décembre.