Lyon : Une enquête ouverte sur une dentiste qualifiée de « nazie » et dénoncée sur Twitter en raison de ses tatouages

JUSTICE Des photos de la jeune femme ont été récupérées sur son compte Instagram et publiées sur Twitter par le groupe antifasciste de Lyon

C.G. avec AFP

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Un utilisateur de Twitter (illustration).
Un utilisateur de Twitter (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Une jeune dentiste de Lyon a été épinglée sur les réseaux sociaux pour ses tatouages à la gloire du IIIe Reich.
  • C’est le groupe antifascite de Lyon qui a récupéré des photos postées sur Instagram pour les placarder sur les murs du cabinet dentaire et sur Twitter.
  • Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Lyon pour « atteinte à la vie privée » et « provocation à la haine raciale ».

« La dentiste de votre quartier est une nazie ». Le message a été placardé par des militants antifascistes de Lyon sur les murs d’un centre dentaire de Sathonay-Camp et sur les réseaux sociaux pour dénoncer les tatouages d’une praticienne. Son cabinet a depuis décidé de la licencier, tandis que le parquet de Lyon a ouvert une enquête.

Des photos récupérées sur le compte Instagram de cette jeune femme travaillant dans un cabinet de Sathonay-Camp, près de Lyon, ont été publiées mardi sur Twitter par le « groupe antifa Lyon » et signalées par le site d’information LyonMag.

Totenkopf et Zyklon B

Elles montrent plusieurs tatouages à la gloire du IIIe Reich dont un sur la nuque reproduisant la « Totenkopf » (tête de mort en allemand), insigne de la 3e division SS qui a sévi notamment dans les camps de concentration du régime nazi. Un autre sur le bras reproduisant une bouteille de « Zyklon B », le poison mortel utilisé dans les chambres à gaz.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon sur une jeune dentiste épinglée sur les réseaux sociaux en raison de ses tatouages à la gloire du IIIe Reich
Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon sur une jeune dentiste épinglée sur les réseaux sociaux en raison de ses tatouages à la gloire du IIIe Reich - Twitter Groupe Antifasciste de Lyon

« Une dentiste nazie est absolument contraire à l’idée même de la médecine », juge le groupe « antifa » sur son site Internet. L’intéressée, identifiée nommément par les « antifas », a depuis supprimé son compte Instagram. Le cabinet, l’un des trois du groupe Labelia dans la région lyonnaise, a porté plainte mercredi « pour identifier les auteurs de cette campagne de dénigrement ».

Le groupe déplore « la campagne médiatique menée depuis hier qui, indépendamment de son objet et du but poursuivi, provoque des dégâts collatéraux potentiels inacceptables sur l’image de Labelia ».

Deux enquêtes ouvertes

La dentiste avait déjà porté plainte mardi et une enquête a été ouverte « du chef d’atteinte à la vie privée en vue de troubler la tranquillité d’autrui », selon le parquet de Lyon qui a parallèlement ouvert une enquête pour « provocation à la haine raciale », visant cette fois les tatouages portés par la jeune femme.

La direction de Labelia assure qu’elle n’était au courant « ni de ces tatouages, ni de leur signification » avant leur révélation. Elle a convoqué la dentiste, salariée depuis plus d’un an, appréciée de ses patients et de ses collègues, « pour comprendre précisément le contexte dans lequel ses tatouages ont été réalisés et la signification qu’elle leur attribue ». Au vu des explications fournies, le groupe a décidé de s’en séparer « avec effet immédiat », indique un communiqué.

Le conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes du Rhône, de son côté, a convoqué la praticienne jeudi. L’instance n’a pas à connaître des opinions politiques de ses membres, « à moins que cela nuise à l’éthique ou à l’honneur de la profession », explique son président, Alain Chantreau.

« Ce qui est préjudiciable, c’est de s’afficher avec des tatouages comme ça sur un réseau social ouvert à tout le monde, en se montrant dans sa salle de soins et en tenue professionnelle », considère le responsable. « On a un rappel à l’ordre à lui faire et en fonction de ses réponses, on décidera d’éventuelles poursuites disciplinaires », conclut Alain Chantreau.