Coronavirus aux Etats-Unis : Des célibataires se ruent vers les apps de rencontre avant la seconde vague de Covid-19

RELATIONS Découvrez, chaque semaine, une information de notre partenaire L’ADN. Aujourd’hui : comment les applications de rencontre profitent de la perspective d’une seconde vague de Covid-19 aux États-Unis

20 Minutes avec L'ADN

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Les rencontres sont plus compliquées en période de pandémie
Les rencontres sont plus compliquées en période de pandémie — © CottonBro / Pexels 2020
  • On assiste, outre-Atlantique, à un phénomène poussant des célibataires à chercher éperdument « leur partenaire de la seconde vague ».
  • Pour parvenir à leurs fins, 50 % des utilisateurs se disent prêts à revoir leurs exigences à la baisse.
  • En 2020, certaines applications de rencontre ont enregistré des revenus trois fois supérieurs à la normale.

La pandémie de Covid a bouleversé notre quotidien et modifié nos interactions sociales. Des amis éloignés deviennent proches et d’autres se disent au revoir. Côté dating, les apps de rencontre aussi ont dû s’adapter. Et elles sont plus que jamais utiles puisqu’outre-Atlantique, on assiste à un phénomène de célibataires qui cherchent « leur partenaire de la seconde vague ».

Recherche partenaire pour la fin du monde

La crise du Covid met aussi notre santé mentale à rude épreuve. Alors qu’on évoquait déjà une épidémie de solitude avant l’apparition du nouveau coronavirus, les deux mois de confinement ont été d’autant plus difficiles à vivre pour ceux qui vivent seuls. Pour éviter de revivre ça, de nombreux utilisateurs d’app de dating sont en recherche active de partenaire. Pour preuve, l’application Hinge (Match Group) spécialisée dans les relations longue durée affiche ainsi des revenus trois fois supérieurs à l’année dernière – revenus qui proviennent quasi exclusivement d’abonnements.

Après des mois à côtoyer le Covid, on voit bien qu’on ne va pas sortir tout de suite de la pandémie. C’est donc une course au partenaire idéal qui s’engage. Enfin, surtout au partenaire. Pour ne pas passer la seconde vague seuls, les utilisateurs d’applications de rencontre sont prêts à baisser leurs exigences. D’après un sondage réalisé par Hinge, ils sont 50 % à « ne plus courir après celles et ceux qu’ils n’intéressent pas. » Une autre étude menée à l’échelle du groupe Match entre juillet et août 2020 indique que 59 % des utilisateurs considèrent désormais un éventail plus large de partenaires potentiels. Même si on observe une augmentation des messages (entre 30 et 40 % de plus selon les apps) et conversations vidéo avant les rencontres, 55 % des personnes interrogées disent qu’elles ont tendance à accélérer leurs relations par rapport à la période prépandémie.

La saison du dating est en avance

Le monde du dating a toujours eu son calendrier. L’été pour papillonner et les mois froids pour hiberner à deux. En anglais, on appelle ça la cuffing season, l’idée – particulièrement appréciée de la presse féminine – selon laquelle on a tendance à chercher un partenaire pour passer l’hiver au chaud. Les apps de dating enregistrent donc habituellement des pics d’utilisateurs de début d’octobre à mars. Cette année, on voit nettement l’effet Covid sur ces chiffres. « Au mois de juillet, on avait des chiffres aussi élevés qu’un mois de février qui est habituellement l’un des mois les plus forts », confie Amarnath Thombre, directeur général de Match Group Americas, au New York Times. En 2020, la seconde vague inquiète, pas l’hiver.

Un climat anxiogène propice aux relations intimes

Un sentiment confirmé par Galit Atlas, psychothérapeute et professeure de psychologie à l’Université de New York. Dans son cabinet new yorkais, elle constate une augmentation de l’anxiété qui mène au désir d’être en couple, explique-t-elle au New York Times. « Quand on a peur, on a tendance à ne pas vouloir être seul. En ce moment, on fait face à un climat très anxiogène avec la possibilité d’une seconde vague de Covid. » Il n’y a pas que la pandémie, la spécialiste américaine évoque aussi l’angoisse liée à l’élection présidentielle ainsi que les théories du complot qui se propagent à vitesse grand V. De ce côté, les apps de dating semblent donc avoir de beaux jours devant elles.

L’article original a été rédigé par Alice Huot et publié sur le site L’ADN.