Coronavirus à Toulouse : Des professeurs font valoir leur droit de retrait pour dénoncer les conditions sanitaires dans leur lycée

COVID-19 Une quarantaine d’enseignants du lycée Bellevue de Toulouse estiment que les conditions sanitaires sont dégradées dans leur établissement

Nicolas Stival
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Dans une classe de lycée. Illustration.
Dans une classe de lycée. Illustration. — Isa Harsin / Sipa
  • Plusieurs dizaines de professeurs du lycée Bellevue, à Toulouse, ont fait valoir ce mardi leur droit de retrait.
  • Ils pourraient reconduire leur action s’ils n’obtiennent pas des garanties pour améliorer la situation sanitaire de l’établissement, très dégradée selon eux.

Ce mercredi, peu avant midi, le vice-président de la région Occitanie Kamel Chibli, délégué à l’éducation et à la jeunesse, est attendu au lycée Bellevue de Toulouse. « Le Dasen [Mathieu Sieye, directeur académique des services de l’Education nationale] devrait aussi être présent », indique Myriam Martin, professeur de lettres et d’histoire dans cet établissement de quelque 2.000 élèves.

Avec une quarantaine d’autres enseignants de la section professionnelle, ainsi que quelques collègues de section générale, la conseillère régionale La France insoumise (LFI) a fait valoir ce mardi son droit de retrait. Toutes et tous pointent une situation sanitaire en forte dégradation.

Un « agglutinement » d’élèves à la cantine

« Des salles entières ne sont pas lavées, témoigne Myriam Martin. On ne peut pas appliquer les mesures barrières, les agents sont à bout, épuisés. Sur 37 ARL [agents régionaux des lycées], il en manquait 6 la semaine dernière. » Les remplacements par des contrats précaires ne suffisent pas à améliorer la situation, selon les enseignants en colère, qui pointent aussi la désorganisation au niveau du réfectoire, d’où « un agglutinement » des élèves.

Le nombre officiel de cas de Covid-19 (26) est également soupçonné d’être en deçà de la réalité. « Et ça grimpe », remarque Myriam Martin, qui expose trois requêtes : « Des engagements forts en termes de postes d’ARL, avec des recrutements statutaires », « la transparence du rectorat sur les cas de Covid-19, avec éventuellement l’isolement de certaines classes et de certains professeurs », « la mise à disposition gratuite de masques fournis par l’Etat, pour changer fréquemment ceux que les élèves portent ».

La suite du mouvement, en pause ce mercredi à l’occasion de la rencontre avec les représentants de la région Occitanie et de l’Education nationale, dépendra des réponses données par ces derniers.

« Il est prévu depuis plusieurs jours déjà que Kamel Chibli se rende sur place mercredi 14 octobre, à la demande de la présidente Carole Delga [PS], afin de rencontrer l’équipe éducative ainsi que les agents régionaux du lycée [ARL] », indique-t-on à la région. Laquelle « a en effet reçu le 28 septembre dernier, une demande d’audience adressée par les élu.es enseignants de la CGT FSU SUD de l’établissement ».

« Les services de la région sont d’ores et déjà mobilisés pour évaluer les besoins de l’établissement et proposer une réponse adéquate », précise la même source.