Hérault : La Ligue contre la violence routière attaque en justice le retour aux 90 km/h

ROUTE L’association a déposé un recours en annulation devant le tribunal administratif

N.B.

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Un panneau limitant la vitesse à 90 km/h (illustration)
Un panneau limitant la vitesse à 90 km/h (illustration) — RAPHAEL BLOCH/SIPA

Dans l’Hérault, la limitation de vitesse est passée de 80 à 90 km/h sur un peu plus de 350 km de routes départementales. Soit environ 7 % du réseau départemental total. Une marche arrière, autorisée par la loi mobilités du 24 décembre 2019, qui n’est pas du tout du goût de la Ligue contre la violence routière de l’Hérault.

Comme dans d’autres départements, l’association a déposé un recours en annulation devant le tribunal administratif de Montpellier, pour contester les 25 arrêtés du département, qui prévoient le retour aux 90 km/h sur plusieurs portions de routes, dont certaines sont très fréquentées. Comme la D 13, D 34, la D 612, la D 613 ou la D 908.

« Aucun sens en termes de gain de temps »

« Le retour aux 90 km/h n’a strictement aucun sens en termes de gain de temps pour les automobilistes : cela correspond à une seconde par kilomètre, gronde Nicolas Gou, le président de la Ligue contre la violence routière de l’Hérault. Le rapport du Cerema [le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement], publié au mois de juillet, est très clair à ce sujet : le passage aux 80 km/h sur la route a permis de sauver 349 vies [sur 20 mois, en France]. »

Sollicité par 20 Minutes, le département de l'Hérault indique qu'il s'attendait à ce type de recours : « Le département a toujours prôné une approche équilibrée de cette question, c’est ainsi qu’il propose un relèvement pour moins de 10 % de son réseau. A cet égard, la qualité de son travail préalable à la définition du réseau repassant à 90 km/h a été saluée par la commission départementale de la Sécurité routière. Le département est tout autant préoccupé de sécurité routière que la ligue contre la violence routière. En particulier nous développons depuis des années une politique ambitieuse en la matière tant en termes de travaux sur le terrain que d’animation en faveur de la Sécurité routière et nous constatons que ces actions de fond ont conduit à des résultats très positifs. »