Lyon : Toile en coton bio, semelle en caoutchouc naturel... Il créé des baskets zéro plastique

MODE RESPONSABLE David Chapon, créateur lyonnais de la marque Wilo, commercialise des baskets végétales, faites avec du coton bio et du lait d'hévéa

Elisa Frisullo

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Les baskets végétales créées par Wilo, marque lyonnaise. Lancer le diaporama
Les baskets végétales créées par Wilo, marque lyonnaise. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • La marque de mode Wilo, créée par un Lyonnais, a imaginé des baskets zéro plastique, commercialisées depuis quelques mois.
  • David Chapon, qui voulait un produit écolo et made in France, a notamment fait appel à une entreprise iséroise pour fabriquer ses semelles en lait d'hévéa. 

 

La livraison des précommandes, prévue en mars dernier, a été retardée par le confinement du Printemps. Mais en dépit de ce contexte sanitaire et économique compliqué, David Chapon a tout de même réussi le lancement de ses centaines de premiers modèles qui se sont vendues sans difficulté ces derniers mois. Un signe encourageant pour ce jeune entrepreneur Lyonnais qui s’est lancé le défi, il y a deux ans, de créer une basket « zéro plastique » fabriquée uniquement à partir de matières végétales. Ce pari osé s’est concrétisé ces derniers mois avant le lancement de ses chaussures Wilo, made in France, et totalement écolos.

Lorsqu’il s’est lancé dans la mode responsable après sept années passées chez Schneider Electric, David Chapon, expert en économie d’énergie de 32 ans, a décidé de s’attaquer à l’un des symboles du consumérisme : la basket. « J’étais dans une démarche écologique maximale et sans compromis. Je ne voulais ni produits animaux, ni matières synthétiques, ni plastique », souligne le Lyonnais, qui a derrière lui une formation dans le commerce et l’ingénierie.

Le seul atelier à faire des semelles en lait d’hévéa

Son concept en tête, le jeune entrepreneur s’est rendu au Portugal, devenu le champion de la chaussure, pour trouver un fabricant, mais est revenu bredouille, ne trouvant pas d’entreprises collant parfaitement à ses aspirations écologiques. C’est finalement à moins d’une centaine de kilomètres de Lyon qu’il a trouvé chaussure à son pied. « J’ai découvert cette société familiale Reltex, labellisée entreprise du patrimoine vivant et inscrite à l’Unesco. C’est le seul atelier au monde capable de faire des semelles en caoutchouc naturel, à partir de lait d’hévéa », explique David Chapon.

Les baskets vendues par Wilo, jeune marque lyonnaise, sont fabriquées avec des matières naturelles. Les semelles sont faites avec du lait d'hévéa, en caoutchouc naturel donc.
Les baskets vendues par Wilo, jeune marque lyonnaise, sont fabriquées avec des matières naturelles. Les semelles sont faites avec du lait d'hévéa, en caoutchouc naturel donc. - E. Frisullo / 20 Minutes

Des partenaires avec la même éthique

L’entreprise, créée dans les années 70 à Panissage en Isère, produit de manière artisanale 1.200 paires de semelles par jour, avec ce lait récolté au Vietnam, en Malaisie et en Thaïlande. Une fois caoutchouc naturel livré en Isère, après un voyage en bateau, la semelle, garantie sans colorant et sans additif, est moulée à la main, cuite puis dorée dans des séchoirs en bois. « David est parti de zéro. Créer une marque c’est très difficile et encore plus en France. Faire une chaussure organique, c’est dans notre philosophie, lance le Pdg de Relter Brice Giroud, qui a rapidement adhéré au concept. Sa société, comme l’atelier de Cholet, l’un des rares fabricants de chaussures « travaillant encore à l’ancienne », sont devenus partenaires du projet, lancéfin 2019 par David Chapon grâce à une campagne de financement participatif réussie.

Une production confidentielle

Côté commercialisation, l’engouement du public aussi est au rendez-vous, avec 500 pré commandes réalisées au lancement pour un objectif de départ de 150. « Le plastique est présent partout dans notre quotidien, dans la mode, en particulier dans les baskets. Ces microparticules ont des conséquences dramatiques pour notre santé et notre environnement », poursuit le jeune homme dont la démarche séduit. « Les gens veulent de plus en plus de l’écolo et du durable. Nos clients sont des gens sensibilisés au made in France et à l’écologie », ajoute l’entrepreneur.

Les sneakers, bleues, blanches ou rouges, se vendent via internet du 35 au 47. « Ce sont des baskets réparables et nettoyables qui vont durer, souligne le jeune homme, dont les chaussures sont vendues 169 euros. Ce produit n’a pas vocation à être fabriqué en grande quantité. Nous voulons juste atteindre le seuil de rentabilité avec un prix acceptable ». Une fois commandés, les modèles peuvent être livrés sous quinze jours via Atelier sans frontière, une entreprise d’insertion de public fragilisé basé à Paris.

Wilo, qui s’active pour assurer les commandes de Noël, devrait lancer une levée de fonds en 2021 pour se développer.