Angers : Un mois après la rentrée universitaire, encore « 150 étudiants sans solution de logement »

VIE ETUDIANTE Le président de l’université d’Angers a lancé un « appel solennel » pour trouver des solutions

Julie Urbach

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Dans une résidence étudiante, à Angers
Dans une résidence étudiante, à Angers — DELAGE JEAN-MICHEL/SIPA
  • Un mois après la rentrée, le président de l’université décrit une situation problématique en matière de logement étudiant.
  • Il demande à tous les habitants qui auraient une chambre à louer de bien vouloir se manifester.

C’est une situation inédite à Angers. Alors que dans toutes les villes universitaires, la crise du logement se fait sentir année après année, la situation est devenue très préoccupante dans la préfecture du Maine-et-Loire. « Un mois après la rentrée, nous avons encore environ 150 étudiants sans solution de logement, a indiqué le président de l’ université Christian Roblédo. En tant que responsable d’établissement, en tant que père de famille, on ne peut pas accepter que des étudiants soient ainsi livrés à eux-mêmes. »

Selon l’université, plusieurs cas de jeunes gens dormant dans la rue ou dans leur voiture ont été signalés. D’autres, qui ne trouvent pas à se loger dans la cité du roi René, sont hébergés parfois à plusieurs centaines de kilomètres de la fac. « Nous en suivons plusieurs dont certains ont trouvé à se loger à Nantes, Le Mans ou même Paris et doivent faire le trajet tous les jours, rapporte Pasa Akin, président de l’Unef Angers et élu au conseil d’administration. Ce qui engendre des frais supplémentaires pour des étudiants déjà touchés par la précarité, et des difficultés à bien suivre les cours. »

Un « appel solennel » du président de l’université

En fin de semaine dernière, le président de l’université a carrément lancé « un appel solennel ». Dans un message vidéo, il demande à tous les étudiants, personnels ou habitants de l’agglomération qui auraient une chambre de libre à louer de bien vouloir se manifester en s’inscrivant sur une plateforme en ligne. Un dispositif qui s’ajoute aux chambres d’hôtel louées à la hâte à la rentrée, qui ne suffisent pas à palier la situation de certains jeunes.

« C’est une prise de parole inhabituelle mais bienvenue, même si la question du logement étudiant remonte à au moins trois ans, reconnaît Pasa Akin. Nous pointons surtout du doigt la municipalité et le Crous, qui offre un nombre de lits largement insuffisants. » Selon les derniers chiffres, les cités universitaires proposent environ 2.340 lits à Angers, où les loyers ont explosé ces dernières années dans le parc locatif privé. Avec plus de 40.000 étudiants, un chiffre en augmentation, Angers revient pourtant régulièrement dans les classements des meilleures villes où étudier.