Gironde : Le député Benoit Simian visé par une enquête pour « harcèlement moral par conjoint »

JUSTICE Le parquet de Bordeaux confirme à « 20 Minutes » avoir ouvert une enquête pour « harcèlement moral par conjoint » concernant l'ex-député LREM, « à la suite de multiples agissements dénoncés par Mme Simian et visant son époux »

Mickaël Bosredon

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Le député de la cinquième circonscription de la Gironde, Benoit Simian.
Le député de la cinquième circonscription de la Gironde, Benoit Simian. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Une enquête est ouverte par le parquet de Bordeaux pour « harcèlement moral par conjoint. »
  • L’enquête s’inscrit dans le cadre d’une séparation houleuse entre les époux suite à des plaintes croisées « pour violences volontaires. »
  • Une demande de levée d’immunité parlementaire du député Benoit Simian a été formalisée par le parquet, afin qu’il puisse être entendu.

Le parquet de Bordeaux a confirmé ce lundi à 20 Minutes, qu’une enquête est ouverte « depuis plusieurs semaines pour harcèlement moral par conjoint » visant le député Libertés et Territoires (LT) de la Gironde Benoit Simian. Cette enquête, toujours en cours, a été lancée « à la suite de multiples agissements dénoncés par Madame Simian et visant son époux. » Les investigations ont été confiées à la brigade des recherches de la gendarmerie nationale.

Relayée ce lundi par RTL, l'ouverture de cette enquête avait été révélée par Médiapart dès le 8 septembre. Le site d'investigation racontait notamment comment Benoit Simian avait bravé une ordonnance de protection de son épouse en plein mois d'août. Les relations entre les époux Simian se seraient envenimées lors de leur séparation au printemps dernier. Le parquet de Bordeaux nous confirme que « ce dossier s’inscrit, au vu des éléments de l’enquête, dans le cadre d’une séparation houleuse entre les époux » et après des plaintes croisées « pour violences volontaires. »

Sa femme équipée d’un Téléphone Grave Danger

Contactée par RTL, la femme de Benoit Simian, Soraya, raconte que son époux « a tagué la boîte aux lettres, volé les poubelles, cassé des caméras (…) Il nous écoutait, il nous observait. Il était tout le temps là, du matin au soir ». Elle dit aussi selon Médiapart avoir subi des « coupures d'alimentation en eau et électricité ».

Elle aurait depuis été équipée d’un Téléphone Grave Danger, boîtier qui permet de lutter contre les violences conjugales.  L’ex-député LREM nie de son côté les faits, et a déposé plainte également, contre sa femme pour violence.

Demande de levée de l'immunité parlementaire

Le parquet de Bordeaux ajoute que « compte tenu du statut de député de la République de Monsieur Simian, une demande de levée d’immunité parlementaire a été formalisée avec transmission au ministère de la Justice via le parquet général, à destination in fine du bureau de l'Assemblée, afin qu’il puisse être entendu et s’expliquer dans le cadre juridique approprié. »

Benoît Simian explique dans un communiqué envoyé à 20 Minutes ce lundi après-midi, avoir « déposé plainte le 20 avril dernier » contre son « ex-femme pour violences conjugales » et que « la seule victime, c'est moi. » « Le reste relève d'une campagne intense de diffamation et de calomnies. » Il dénonce également une « instrumentalisation » de sa « fonction politique pour obtenir des gains dans une affaire privée concernant un divorce. » Contactés par 20 Minutes, les époux Simian n’ont pour l’heure pas répondu à nos sollicitations.