Une étudiante sur 20 dit avoir déjà été victime de viol, selon une enquête

VIOLENCES SEXUELLES Ces chiffres proviennent d’une enquête de l’enseignement supérieur réalisée auprès des étudiants et étudiantes d’une cinquantaine d’universités, prépas, grandes écoles, BTS, DUT

20 Minutes avec AFP

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Dans une université française.
Dans une université française. — LODI Franck

Selon une enquête publiée ce lundi par l’Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l’Enseignement supérieur, une étudiante sur vingt a déjà été victime de  viol et une sur dix d’agression sexuelle. C’est aussi le cas de 5 % des hommes constate l’étude qui a reçu 10.381 réponses, dont 76 % venant de femmes.

Le questionnaire, diffusé en ligne entre avril et décembre 2019 auprès des étudiants d’une cinquantaine d’universités, prépas, grandes écoles, BTS, DUT rapporte que la majorité de ces violences sont attribuées à « l’effet de groupe » ou à l’alcool.

Des violences commises par d’autres étudiants

« Même si la méthode choisie a été conçue et validée par un groupe de travail interprofessionnel, cette enquête reste avant toute chose une initiative étudiante », précisent les auteurs. L’effet de groupe (20 %), l’impunité (18 %), la consommation excessive d’alcool (18 %) et le manque d’éducation des étudiants (18 %) sont les causes de violence le plus souvent énoncées dans le questionnaire.

Au total, 34 % des étudiants déclarent avoir été victimes ou témoins de violences sexuelles : pour 24 % d’entre eux, les violences ont été subies sous l’emprise de l’alcool. Les faits de violence physique sont plutôt commis en soirée ou en week-end hors du campus : c’est le cas pour 56 % des viols.

Ces violences sont principalement le fait d’étudiants. « Il s’agit donc souvent du cercle d’amis proches et de personnes connues de la victime », souligne le rapport. Par ailleurs, 35 % des hommes questionnés considèrent leur établissement comme égalitaire contre 27 % des femmes.

Les dispositifs pour faire face à ces situations méconnus

La proportion de répondants qui considèrent leur établissement comme sexiste augmente significativement avec les années d’études. « Nous faisons l’hypothèse que les étudiantes et étudiants […] prennent conscience de la réalité des violences sexistes au fur et à mesure de leur vie étudiante », soulignent les auteurs de l’enquête.

Les dispositifs mis en place par les établissements pour faire face à ce type de situations sont méconnus, souligne enfin le rapport. En effet, plus d’un quart des répondants ne savent pas s’il en existe dans leur établissement et 18 % considèrent qu’il n’en existe aucun.