IVG : L’Ordre des médecins opposé à la suppression de la clause de conscience spécifique

AVORTEMENT Une proposition de loi à l’Assemblée nationale propose d’en finir avec la clause de conscience de médecins, leur permettant de refuser une IVG

20 Minutes avec AFP
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Manifestation pour le droit à l'IVG place de la République
Manifestation pour le droit à l'IVG place de la République — CELINE BREGAND/SIPA

L’Ordre des médecins a réaffirmé ce samedi son opposition à la suppression de la clause de conscience spécifique aux interruptions volontaires de grossesse, dans un communiqué publié après l’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi renforçant le droit à l’avortement.

« Ni la disparition de la clause de conscience, ni l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de 12 à 14 semaines, ne permettront de répondre aux difficultés qui peuvent, aujourd’hui encore, se poser à nos concitoyennes souhaitant avoir recours à une IVG », réaffirme l’Ordre des médecins dans son communiqué.

Des engagements forts demandés à l’Etat pour les femmes

Le texte adopté jeudi propose, outre l’allongement des délais légaux, de permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG chirurgicales jusqu’à la 10e semaine de grossesse et de supprimer la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les médecins, des demandes récurrentes d’associations féministes pour garantir « un égal accès à l’IVG » sur tout le territoire.

« L’Etat doit aujourd’hui prendre des engagements forts, qui n’ont pas été pris par les gouvernements successifs, pour assurer, en tout point du territoire, la mise à disposition pour les femmes des moyens matériels et professionnels de prise en charge de qualité », poursuit l’Ordre.

Un gouvernement pas assez clair selon l’Ordre des médecins

« Ce sont ces engagements forts et un investissement important dans la stratégie de prise en charge qui, seuls, permettront l’accès sans entrave à l’IVG », ajoute-t-il.

L’Ordre des médecins dit « regretter » que « le gouvernement ne se soit pas clairement prononcé contre cette proposition de loi ». Il dit « déplorer l’inaction et l’impréparation de l’exécutif, dont la position n’a toujours pas été arrêtée alors que les débats parlementaires étaient attendus de longue date ».