Négociation sur les coûts du lait : Les éleveurs craignent une baisse des prix

AGRICULTURE A l’aube des négociations commerciales annuelles entre les grandes surfaces et leurs fournisseurs pour décider du prix du lait, les éleveurs haussent le ton

20 Minutes avec AFP

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Les éleveurs laitiers craignent un écrémage des prix pour 2021 (Illustration)
Les éleveurs laitiers craignent un écrémage des prix pour 2021 (Illustration) — Richard B. Levine/Newscom/SIPA

Comme chaque année, grandes surfaces et fournisseurs vont entamer les négociations commerciales qui se tiendront jusqu’en février et établiront les prix des produits mis en rayon en 2021. Une période de stress pour les éleveurs laitiers qui craignent que les revalorisations obtenues l’an passé soient effacées que les prix du lait soient par conséquent revus à la baisse.

« On attend de façon très ferme les négociations », a prévenu lors d’une conférence de presse Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), association spécialisée de la FNSEA. « S’il faut déconfiner les épandeurs à fumier pour se faire entendre, nous le ferons », a pour sa part menacé le secrétaire général du syndicat, Daniel Perrin en visant les coopératives qui collectent plus de la moitié du lait en France ? Selon lui, elles n’ont pas joué le jeu de la loi Alimentation, votée il y a deux ans et imposant que les prix tiennent compte des coûts de production.

Le prix standard du lait en baisse en 2020

La loi Alimentation visait notamment à sortir d’un effet domino : la guerre des prix entre les acteurs de la distribution les pousse à réclamer des tarifs toujours plus bas auprès de leurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, qui eux-mêmes achètent à leur tour le moins cher possible la matière première agricole.

Y figuraient deux dispositions phares mises en place début 2019 pour une expérimentation de deux ans : l’encadrement des promotions et le relèvement du seuil de revente à perte (SRP), imposant qu’un produit alimentaire soit revendu au moins 10 % plus cher que le prix auquel il a été acheté. Malgré cela, les industriels feraient toujours pression sur les prix. Selon l’enquête mensuelle de l’organisme FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était au mois de juillet 2020 de 326 euros les mille litres, soit 14 euros de moins qu’un an plus tôt.

Les coopératives dans le viseur

Le Cniel, l’interprofession laitière qui rassemble producteurs, transformateurs et distributeurs, a estimé que les éleveurs devaient pouvoir se verser l’équivalent de deux smics mensuels pour vivre correctement de leur métier. La FNPL a posé un « ultimatum » au 15 octobre aux coopératives, à charge pour elles de montrer qu’elles respectent la législation.

Un « faux procès », pour Pascal Lebrun, secrétaire général de Coop de France métiers du lait, qui réunit les coopératives laitières. Il concède que les coopératives ont eu jusqu’ici « plus de difficultés » à obtenir des revalorisations, du fait de leur importante implication dans la fourniture de produits vendus sous leur propre marque par la grande distribution (MDD) « qui ont moins bénéficié des hausses que les marques nationales ». Il promet les coopératives vont repartir au combat lors des négociations.