Discriminations : Les personnes LGBT encore moins à l'aise dans le monde du travail en 2020 en France

LGBT Pour la première fois, une étude menée depuis 2014 montre une régression de l’inclusion des personnes LGBT au travail en France

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une manifestation contre l'homophobie, à Cenon, en Gironde. (archives)
Lors d'une manifestation contre l'homophobie, à Cenon, en Gironde. (archives) — PIERRE ANDRIEU / AFP

Seules 43 % des personnes LGBT ont révélé leur orientation sexuelle au travail en 2020, une chute de onze points en deux ans, « une inquiétante régression » de l’inclusion dans l’entreprise des lesbiennes, gays, des personnes transgenres et bisexuelles, selon un sondage publié vendredi dans le magazine Têtu. « Pour la première fois depuis la création du sondage en 2014, on observe une véritable régression concernant l’inclusion des LGBTQ + en entreprise », détaillent le Boston consulting group (BCG), qui a réalisé le sondage, et le magazine gay Têtu.

« En France, on est en retard, en particulier par rapport aux pays anglo-saxons, mais d’habitude on progresse. Cette année, l’ampleur du recul est inquiétante », explique le président de Têtu, Albin Serviant. De plus, 38 % des personnes LGBT « estiment qu’être 'out' au travail représente un désavantage, contre 30 % en 2018 », date du dernier sondage. Près de la moitié (47 %) se disent prêts à mentir à leur manager sur leur orientation sexuelle, et 22 % des LGBT déclarent « ne pas avoir été eux-mêmes » au sein de leur entreprise.

Une ambiance médiatique conservatrice

Le BCG et Têtu avancent plusieurs pistes pour expliquer le recul de 11 % des coming out au travail, parmi lesquelles le travail à distance. « Le télétravail a déshumanisé en partie nos interactions professionnelles : on ne s’attarde plus pour échanger sur qui nous sommes, mais seulement sur ce que nous faisons et produisons », analyse Thomas Delano, du BCG. Ils pointent également « l’émergence de sujets clivants dans le débat public et la multiplication de prises de parole conservatrice », qui peuvent contribuer à un climat d’insécurité.

Par ailleurs, les non gays, parmi lesquelles les lesbiennes, bisexuels et bisexuelles, ont été beaucoup plus nombreuses (+74 %) à répondre au sondage, or « ces populations sont historiquement moins enclines à faire leur coming out », selon l’enquête. Plus des deux tiers des personnes qui cachent leur orientation sexuelle au travail attendent des actions concrètes de la part des entreprises avant de faire leur coming out. Sur les sujets de diversité et d’inclusion, les entreprises de moins de 1.000 salariés sont « nettement plus en retard » : dans ces structures, seul un ou une LGBT sur quatre pense que son entreprise a progressé au cours des dernières années.