Quelles seront les conséquences de l’amendement « anti-squat » ?

LOGEMENT Propriétaires et association d’aide au logement restent réservés sur l’efficacité de cette mesure

Thomas Lemoine

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Quelle seront les conséquences de l'amendement «anti-squat» ? — 20 Minutes

En août 2020 à Théoule- sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, un couple de retraités lyonnais n’a pas pu entrer dans sa maison de campagne car une famille y avait élu domicile. En septembre 2020, à Saint-Honoré-Les-Bains dans la Nièvre, trois personnes ont occupé illégalement la résidence d’une octogénaire placée en EHPAD. Voisinage, élus locaux et personnalités politiques ont réagi à ces affaires avec beaucoup d’émotion.

Pour tenter de simplifier l’expulsion des squatters, un amendement de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable a été proposé par le député LREM Guillaume Kasbarian et soutenu par Emmanuelle Wargon, ministre du logement. Il s’inscrit dans cadre de la loi ASAP, pour Accélération et Simplification de l’Action Publique, votée le 6 octobre par l’Assemblée nationale.

Pour Jean Pinsolle, président de la chambre des propriétaires du Grand Paris, cette mesure est « somme toute honorable », mais « si [elle] n’est pas appliquée, on restera toujours dans les vœux pieux ».

Plus de 3 millions de logements vacants en France

Pour Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement, la question des squats n’est pas tant un problème de squatters qu’un problème de logements. Il rappelle qu’il y a en France « Quelques milliers de squatters, au moins 200.000 sans-abri, 4 à 5 millions de personnes mal-logées » et « 3,1 millions logements vacants recensés par l’INSEE ». Si ce chiffre recouvre aussi des vacances provisoires, comme les maisons de personnes âgées vivant en Ehpad ou des biens en attente de location, la question du mal logement, et de la privation de logement reste criante.